Quand prime la réinsertion

 

Le 25 novembre, Sofiane, 26 ans, raccompagne une amie trop saoule et, selon son avocat, « en petite tenue ». Il est 0h30 et le quartier est mal fréquenté. Tout d’un coup la copine se met à hurler que l’on veut la violer.

Une jeune serveuse rentrant de travailler s’approche et demande à Sofiane de rentrer chez-lui, qu’elle se charge de raccompagner la jeune fille. Sofiane assène à la serviable barmaid un coup de pied dans la figure. Il lui fracture la mâchoire et une dent – 15 jours d’ITT. « J’étais saoul » dit Soufiane au tribunal pour se disculper. Il est en récidive légale pour voie de faits, fait l’objet d’un sursis avec mise à l’épreuve et quatre condamnations ornent son casier. Il est condamné à 6 mois ferme plus 3 mois de sursis révoqué. Il est maintenu en détention,, mais pourra faire aménager sa peine.

L’enfer des foyers

Sa maman étant alcoolique, il a connu de 5 à 16 ans l’Enfer des Foyers, orphelinats modernes qui cachent leur nom. Il parle « d’un passé de chien. ». Ces sept frères et sœurs ont suivi le même chemin, d’ailleurs il ne sait pas trop s’ils sont demi-frères ou frère à par entière. Il fuguait souvent et sa maman le cachait. Il n’a jamais connu son papa. A 21 ans il est revenu au foyer … maternel cette fois. Mais quelque chose s’est cassé, il jalouse ses sœurs-demi-sœurs et frappe trop souvent sa maman. Dix fois la gendarmerie a due intervenir. Le 1er décembre, il a violenté sa mère, sa sœur ou demi-sœur et une amie à elle. Alors, elles ont porté plainte pour ne plus avoir à le supporter. Il est condamné à un an dont 9 mois avec sursis et mis à l’épreuve avec obligation de soin et interdiction de rencontrer les victimes.

 

Importation

Le gramme de résine de cannabis en Espagne s’échange à un euro, arrivé en Allemagne, il se négocie à 4 euros, le gramme d’herbe s’achète 2 euros et se revends 6. Ce policier des airs et des frontières en retraite allemand a embringué son fils et un copain d’enfance. Ils ont emménagé une cache derrière le siège arrière d’un véhicule et ont chargé 13 kg d’herbe et 28 kg de résine. C’était leur septième voyage, qui a pris fin au péage au Boulou. Contrôle des douanes. Ils sont condamnés à quatre ans ferme, sauf le fiston qui a tout avoué et a été remercié avec 18 mois avec sursis. A mi peine ils pourront négocier une liberté conditionnelle. Ils sont interdits de territoire français pendant dix ans. Les deux véhicules ouvreur et transporteur sont confisqués. Ils sont tous trois condamnés à payer solidairement 79 000 euros aux services des douanes.

 

 

L’air de Saint Laurent

Avec 8 condamnations sur son casier, c’est presqu’un hasard qu’il ait choisi Saint Laurent de Cerdans pour y vivre, qu’il soit toxicomane depuis l’âge de 15 ans – il en a aujourd’hui 52 – et que la frontière n’y soit pas surveillée, ne l’a en rien influencé affirme t-il. Qu’il revende dans le village pour payer sa dose quotidienne est plus dans l’ordre des choses, il gagne 470 euros de RSA et en dépense 3300 en cocaïne et hachich. Sans compter les trois paquets de cigarettes quotidiens et l’alcool. Sa compagne habite juste l’étage au dessus, pratique, elle reçoit les aides pour parents isolés et peut cacher la marchandise illicite. Le commerce se passe dans son apparemment à lui. Il est condamné à 3 ans dont un avec sursis, interdiction de vivre à Saint Laurent, sa compagne qui est aussi sa nourrice – nom donné aux personnes cachant la drogue chez elles – un an avec sursis. Chacun est condamné à payer 5000 euros d’amende.

 

Loin de chez lui

Il est israélien, a 32 ans et une très bonne situation. Il est architecte-dissener, il voyage dans le monde entier et gagne environ 3000 euros par mois. Pourquoi, en ce 16 octobre, les services des douanes le découvrent à Tresseres au volant d’une Mercedes avec cache aménagée transportant 14 kg de résine et 7 kg d’herbe de cannabis ? Il explique qu’il a été obligé, les trafiquants menaçaient sa compagne qui vit à Barcelone. Le tribunal voit d’autres motivations au vu de l’enquête, il a fait le voyage cinq fois en six mois à Barcelone et que la drogue à 30% de THC, une exceptionnelle pureté, se négocie à 15 euros le gramme en Allemagne. Il essuie une larme en apprenant qu’il est condamné à 3 ans ferme, 48 000 euros d’amende et une interdiction de 10 ans du territoire français.

 

Et toujours Bétriu

HLM Bétriu c’est le super marché de la drogue pour les amateurs. C’est aussi un coin privilégié pour les limiers de la BAC. Le 18 novembre, elles y ont surpris Divan, 39 ans. en plein échange commercial. Avec ces 22 condamnations c’est un vieil habitués des prétoires, mais des ennuis de santé ne lui ont pas permis de répondre à cette énième convocation. Dans son grenier 8 plants de cannabis ont été découverts et tous le matériel pour conditionner et vendre ses résultats agricoles. Il est condamné à un an de prison et mandat d’arrêt est prononcé contre lui. Il est toujours très déconseillé de ne pas assister à son procès.

 

 

 

Je ne bois jamais !

Il est 0h56, le 23 janvier, lorsque des policiers surprennent Fabrice, 19 ans, qui roule à vive allure en zone urbaine. L’immatriculation signale une voiture volée. En fait, une voiture de location non rendue dans les délais. Interpelé, Fabrice vocifère, se démène, résiste, l’alcotest est positif. Il est accusé de rébellion. Fabrice – qui ne boit jamais – a 11 condamnations sur son casier, deux délits routiers pour usage de stupéfiants. Il est condamné à 8 mois d’emprisonnement sans mandat de dépôt, il pourra négocier son maintien en liberté.

 

 

Pas de chance !

Sekou, guinéen, n’a pas eu de chance, en entrant sur le territoire français, il n’a pu fournir de document d’identité. Une mesure d’expulsion a été prononcée contre lui par la préfecture des PO. Le 23 janvier, sur le tarmac de l’aéroport de Perpignan, il s’est roulé en boule par terre et a empêché son embarcation. Ses parents, frères et sœurs vivent en France. Si Sekou n’avait pas été contrôlé, il aurait pu sans problème obtenir un « rapprochement familial ». Il est condamné à 6 mois de prison avec sursis. Une mesure de clémence qui lui permettra sans doute d’être régularisé.

 

Il boit et reboit encore

Le 12 décembre, minuit 45, il dépasse une voiture de police sur la gauche, boulevard Briant. Pris en chasse, il atteint les 120 km/h, boulevard Jean Bourrat, mais perd le contrôle de son véhicule au rond-point Saint Jacques. Visiblement bien alcoolisé, il refuse de souffler dans l’éthylotest, il n’a plus de permis, roule sans assurance et le tout en récidive légale. Il a été condamné à 18 mois de prison ferme pour exactement les mêmes faits, quatre mois auparavant. Il se dit alcoolique depuis l’âge de 14 ans, réclame des soins, mais avec 13 condamnations pour délits routiers, le tribunal doute de sa volonté de guérir. Il est condamné à 6 mois de prison ferme auxquels s’ajoutent les 18 mois de la précédente condamnation et il est maintenu en détention.

 

Couple toxique

Ils ne vivent ensemble que depuis 6 mois. Il vient d’obtenir la garde de sa fille et elle a la garde de son fils. Il a un emploi d’ouvrier agricole et un patron qui atteste combien il est content de son employé. Mais de façon festive, il boit et quand il boit, il cogne. Samedi, c’était la troisième fois et madame arbore encore deux coquards autour d’yeux sanguinolents. L’avant dernière fois, il s’était tout deux rendus dans un club échangiste mais quand un amateur a fait mine de s’intéresser à sa compagne, il a descendu celle-ci d’un coup de boule. Résulta, les enfants sont terrorisés, la maman risque de perdre la garde de son fils et sa fille à lui sera placée dans une famille d’accueil, au moins, le temps de son incarcération. Il est condamné à deux ans dont un avec sursis et mise à l’épreuve l’obligeant à des soins. Puis 400 euros d’amende car, dans ses brumes alcoolisées, il a traité un policier d’origine martiniquaise de « sale nègre ».

 

C’est Noël

Il ne devait pas en croire ses oreilles José-Marie lorsque les autorités pénitentiaires lui ont annoncé qu’il était libre. Les douanes l’avaient interpellé transportant 106 kg de cannabis de très grande qualité, 30% de THC. Son avocat avait dû le prévenir qu’il risquait dans les 3 ou 4 années de prison. Or en comparution immédiate, il lui a été demandé s’il voulait un délai pour préparer sa défense. Il a accepté en précisant qu’il désirait une durée d’attente courte. C’est-à-dire deux à six semaines maximum. Mais les fêtes aidant, José-Marie a passé deux mois à attendre en cellule. Entaché d’irrégularité, l’affaire ne peut être jugé en l’état, le tribunal n’est plus saisi et le prévenu est libre. Il sera à nouveau convoqué, mais gageons qu’il saura disparaître dans la discrétion

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