Pas sage à l’acte

Le 19 novembre, Michel Etienne, 39 ans arrivant du Portugal via l’Espagne, passe le portique du grand péage du Boulou. Les agents de la Police des Airs et des Frontières procèdent à des contrôles et lui font signe de s’arrêter avec leurs bâtons lumineux, … mais Michel Etienne préfère foncer.

Une course poursuite commence. Pour se frayer un chemin dans la circulation, le fuyard n’hésite pas à foncer sur une voiture le devançant et à l’écarter sans ménagement de son chemin, mais il ne faut pas croire les séries américaines, le gymkhana se termine lorsque Michel Etienne emboutit une voiture garée. De l’habitacle s’extirpe un passager qui disparaît dans la nature et ne sera jamais retrouvé en revanche le chauffeur est interpellé. Une forte odeur de cannabis guidera les agents vers plusieurs sacs thermo soudés enfermant 5,7kg d’herbe de Marie-Jeanne et découvrent une collection de sept téléphones portables. Autrement dit, la panoplie du parfait trafiquant. Un seul téléphone sera exploitable, Michel Etienne refusera de donner les codes pour débloquer les autres mobiles. Ce même téléphone, sonnera régulièrement pour rappeler Michel Etienne à ses obligations de prières car Michel Etienne est un européen converti à l’Islam. Plusieurs autres messages qui s’inquiètent des modalités de son passage commencent par des salutations en arabes et viennent de Belgique. Le président tente de parler de Molenbeek, mais rien dans le dossier ne laisse supposer  un éventuel radicalisme religieux. Michel Etienne est marié à une marocaine et il a été incarcéré quatre ans au Maroc pour trafic de drogue. Ce palmarès délictueux de Michel Etienne révèle dix autres mentions sur son casier judiciaire. Il est sorti de prison en août 2017. « Je ne comprends pas ce qui me pousse au passage à l’acte » confie t-il à ses juges, « Nous ne sommes pas médecins » lui répond le président. Le prévenu a refusé de s’exprimer pendant sa garde à vue, disant qu’il réservait ses aveux devant le tribunal. Il reconnaît les faits, reconnaît avoir été le conducteur, mais refuse de donner le nom de ses commanditaires et dit qu’il devait livrait la marchandise à Longwy, non loin de cette frontière belge qui intrigue tant juge et assesseurs. Ses complices sont des anciens camarades de cellules. La voiture est un véhicule de location, comme c’est souvent le cas dans les affaires de trafic de stupéfiants. Michel Etienne est allé la louer au Portugal car les prix sont plus intéressants. Les policiers ont saisi 2965 euros dans le véhicule. 2000 serait le prix de son passage. Le tribunal est encore une fois intrigué, les commanditaires payent toujours quand le travail est fait. Il est condamné à 30 mois ferme – 4 ans requis – confiscation du véhicule et maintient en détention.

Laisser un commentaire