Papi a failli

 

« Papi nous a montré son zizi ». Lorsque les deux petites filles de 5 et 6 ans ont expliqué ce qui se passait lors de la sieste avec papi Augustin, le choc a été général. On attendit que papi finisse sa dite sieste et des explications lui ont été exigées. Il a avoué, les petites disaient vrai.

Papi leur a touché le sexe et les fesses plusieurs fois. Les deux parents, dont son propre fils ont décidé de porter plainte et papi Agustin s’est retrouvé en prison préventive. Grand-mère ne lui adresse plus la parole. Au sortir de captivité, il lui faudra trouver un nouveau toit loin des siens, rien de plus dur à 65 ans. Lorsque le dernier des trois enfants a divorcé, il est venu vivre au domicile de ses parents où il assure la garde des ses filles pendant les vacances scolaires.  Papi Augustin boit 5 à 6 pastis par jour, un alcoolisme chronique qui a fortement détérioré sa virilité. Il est incontinent, porte toujours des couches et souffre d’une impuissance continuelle. Mais, papi ne peut expliquer pourquoi il a ressenti le besoin de tripoter deux de ses trois petites filles : « Je suis malade, je ne m’explique pas ces pulsions ». Or, comme l’expliquait parfaitement en son temps la professeure Dolto, les petites filles détestent ce contact qu’elles ne comprennent pas. Julie sa préférée, la plus prévenante avec son papi, celle qui lui demandait toujours s’il allait bien, s’il avait soif, est celle, aussi, qui a subi le plus d’attouchements. Lors de la sieste, elle mettait un coussin entre elle et grand-père puis elle le repoussait « avec les bras ». Elles avaient ces contacts répétés en horreur. Mais papi avait dit que c’était leur secret, qu’il ne fallait pas le répéter et elles avaient de toute façon trop honte pour le faire. Pour ajouter au sordide, papi leur faisait mal avec ses ongles. Les médecins ont noté des griffures. Fort heureusement, il n’y a eu que des caresses sans pénétration. « Lui se touchait le sexe dans le pyjama » affirme les petites filles aux enquêteurs. La famille est prostrée. Après une garde à vue de 72h et 5 auditions, papi reconnaît que les attouchements ont eu lieu une dizaine de fois depuis deux à trois mois. Pourtant, papi n’était pas à son coup d’essai, quatre mentions sur le casier judiciaire de cet ancien chauffeur de bus scolaire. Dont une condamnation en 2008 pour attouchement sur une fillette de 12 ans. La fille d’un collègue de travail. Pressé de s’expliquer papi parle d’un jeu à « Pince-mi et pince-moi » et sa main ce serait égarée. Mamie était-elle au courant de cette condamnation ? Peut-on permettre des siestes répétées malgré tout ? Le psychiatre qui a expertisé le prévenu parle d’une personne sans rigueur morale, pas de cœur, pas de valeur qui fait ce qu’il a envie et conclue par un risque de récidive car il ne mesure toujours pas la gravité de ses actes et tente de les minimiser. La pire des condamnations viendra de Julie, sa préférée : « On aime papa, on aime maman, on aime mamie, mais on aime pas papi. » Quant à la justice des adultes, elle condamne Augustin à 2 ans de prison dont un an de mise l’épreuve et obligation de soins et interdiction de rencontrer les victimes et de toute activité en relation avec des enfants.

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