Le Noël d’Axel

Stéphane est le papa non reconnu d’Axel, 4 ans. Ce 26 décembre 2016, il a manifesté l’envie de voir son fils en ces lendemains de fête. Il prend contact avec Gladys, la maman qui est aussi son ex-compagne et se donnent rendez-vous du côté de la gare.

Stéphane et Gladys sont plus ou moins SDF, plus ou moins alcooliques, plus ou moins drogodépendants. Pour fêter les retrouvailles de sa famille éclatée, Stéphane a apporté une bouteille de Vodka et l’ex couple va s’imbiber allégrement d’alcool. Puis viendront les cris, les larmes, les insultes et quand le papa commencera à vomir partout, Gladys aura son premier éclair de génie : protéger le petit Axel. Afin que ce dernier ne voit pas les dernières déchéances familiales, elle le confit à Gégé, une vague connaissance de la rue. Il est alors 13 h 30. A 19h, Gégé est encore avec Axel dans le tunnel de la gare, et toujours pas de maman. Il décide de l’amener au Secours Populaire pour lui donner à manger, puis il le ramène dans son squat pour le faire dormir. 22H, deuxième éclair de génie de la maman, dans ses brumes alcoolisées, elle se rend compte que son fils n’est plus avec elle, en revanche, elle ne se souvient absolument plus du tout ce qu’elle en a fait et troisième éclair de génie, elle se précipite au commissariat. Les policiers sont aussi des papas ou des mamans, un 26 décembre, il fait froid pour les adultes et encore plus quand on a quatre ans. Les bons samaritains se précipitent quartier de la gare, visionnent les caméras de vidéo et questionnent les commerçants. « Oui, oui bien sûr » Kader, le vendeur de kebabs a vu un nommé Gérard avec un petit « black » sur les épaules, il croît savoir qu’il vit dans un squat, côté rue Courteline. Les agents ne font ni une, ni deux et remontent toute la rue en hurlant « Gérard ! Gérard ! ». Un rideau métallique se lève et notre Gégé est là, il vit dans un garage abandonné, sans eau, sans électricité, sans chauffage. Le petit Axel dort dans un clic-clac, le seul lit du boui-boui. Gladys et Stéphane sont poursuivis pour abandon d’enfant. Stéphane est détenu pour une autre affaire, la maman comparaît libre. Elle est désolée. Depuis cette affaire son fils lui a été enlevé et placé dans une famille d’accueil. Elle jure qu’elle a arrêté de boire, ne touche plus aux drogues. Elle a un nouvel appart et reçoit son fils du jeudi au dimanche soir. Fin décembre, elle aura droit à récupérer définitivement son petit Axel et ne vit plus que pour cela… et pour son prochain enfant puisqu’elle est enceinte de quelques mois. Les services de l’Enfance Catalane s’étaient inquiétés du poids de l’enfant 12kg4 à quatre ans, mais depuis qu’il est dans sa famille d’accueil, il fréquente l’école et a repris taille et poids normaux. Stéphane et Gladys n’ont pas pris d’avocats et Jean-Luc Dooms instruira à charge et à décharge, comme il se doit, mais privilégiera en quelques sortes un rôle de défenseur. Gladys assure que jamais plus une telle mésaventure ne lui arrivera. Le couple est relaxé et le président explique la décision du tribunal. Pour qu’il y ait « délaissement », il faut une volonté expresse d’abandon. Or, Gladys a confié son fils pour le protéger de l’image dégradante de son père et quand elle s’est aperçue que son enfant n’était plus avec elle, elle s’est rendue à la police sachant qu’elle risquait d’être poursuivie. Le copain Gégé a tout fait pour s’occuper au mieux de l’enfant, ce qui prouve qu’il était en de bonne main. Ces moyens étaient limités et il les a tous mis au service de l’enfant … « l’indigence ne constitue pas un délit » … et le président Dooms d’ajouter en ces temps de fêtes que dans le garage « il ne manquait que l’âne et le bœuf pour avoir l’Avent. »

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