Expédition punitive

Les moins jeunes s’en souviennent, « Au théâtre ce soir » régalait nos soirées télévisées autant que familiales de pièces de boulevard ou les portes claquaient, les femmes de ménage en tenue de soubrette criaient « Voilà, voilà » … les maris étaient cocus et cela faisait rire tout le monde … pour les coups de bâtons c’était un autre théâtre, voir Molière ou Commedia dell’arte.

Dans la vraie vie, tout est beaucoup plus dramatique, ne fait rire personne et se termine devant un tribunal où les magistrats ont l’air de tout, sauf de s’amuser. Michaël a surpris un « Je t’aime » intempestif sur le téléphone portable de son épouse. On crie, on s’insulte. La dame avoue une relation extra conjugale, une seule fois, elle s’excuse et jure de ne plus jamais recommencer. Le drame s’apaise ou semble le faire. Puis elle dit se rendre chez sa sœur à Marseille, elle prendra le petit, un an et demi, avec elle. Mais le mari, méfiant fait sa petite enquête personnelle jusqu’à apprendre qu’effectivement à Marseille et chez la sœur point d’épouse. Il crie, il menace, dit avoir peur pour son fils, jusqu’à ce qu’une autre belle-sœur finisse par avouer. La dame volage est à Aubagne où elle a loué une maison. Michaël saute dans sa voiture entrainant dans son périple, son papa, sa maman et une belle-sœur désireuse, dit-elle, d’apaiser la situation et surtout de protéger sa frangine. Sur les lieux, le 10 juillet 2016, il est une heure de l’après-midi et madame et son amant prennent le soleil au bord de la piscine. Michaël fonce, se saisit d’un bâton, ou d’une bâte de baseball ou encore selon d’autres témoins d’une barre de fer et se jette sur son rival qui n’a pas le temps d’ouvrir les yeux lorsqu’il reçoit un premier coup en pleine figure. Il y en aura beaucoup d’autres. L’homme veut fuir mais pieds nus, il est vite rattrapé et reçoit trois coups de pieds dans le visage. Le papa de Michaël se serait aussi mis de la partie, mais les témoignages diffèrent, les uns l’ont vu, d’autres affirment que non. La victime assure qu’on lui a fait signer un document sous la menace, le papa lui frappant les jambes et le blessant cruellement. Tout le monde repart en subtilisant la voiture de la trop légère maman. Et l’on comprendra d’autant mieux la surprise de l’amant bronzé qui ne savait absolument pas qu’il fréquentait une femme mariée. Sa blessure à la tête nécessitera 14 points de suture et un arrêt de travail de 21 jours. Mais, il ne fera aucune démarche auprès d’un médecin pour faire évaluer ses jours d’ITT, or devant un tribunal il faut toujours se présenter avec un maximum de documents certifiés. Le papa et Michaël nient absolument avoir fait signer aucun papier et Michaël assure qu’il a trouvé le bâton sur place. Ce qui lui évite une préméditation. Depuis le couple est séparé, l’enfant bénéficie d’une garde alternée. Michaël est condamné à un an de prison en sursis avec mise à l’épreuve et le papa à quatre mois avec sursis simple. Ils devront payer 2000 euros solidairement à la victime pour préjudice moral, avec interdiction de la rencontrer.

Laisser un commentaire