Abattu au fusil mitrailleur

Ils sont deux dans le nouveau box* des accusés du tribunal de Perpignan. Akim et Sofiane n’ont pas beaucoup de points communs, à part pour tout les deux une recherche infructueuse d’une vraie maman. Soufiane, a 33 ans, (avocat Me. Xavier Capelet), un manque d’oxygène à la naissance l’a rendu hémiplégique. Une jambe et un bras handicapés, ce qui ne l’empêche pas de se déplacer, en boitant.

Sa mère l’abandonne quand il était tout petit, il cherchera à la contacter toute sa vie, jusqu’à ses 28 ans, elle refusera toujours. Son casier judiciaire est vierge. Akim, 46 ans (Avocat Maurice Halimi) a été confié par ses parents vivant en Algérie, à sa sœur demeurant en France. A 11 ans, il apprend que cette grande sœur n’est autre que sa mère. Elle le traitera toujours avec mépris. Il fera de la prison, cinq ans, pour un braquage avec les frères d’une petite amie qui avaient voulu le mettre à l’épreuve, puis sera condamné à 18 ans de prison pour meurtre. Un différent avec un homme qui aurait eu le malheur de lui faire des avances, il a entouré son cou de six tours de fils électrique et l’a étranglé. Psychiatre et psychologues son unanimes, si sa responsabilité est avérée dans ce deuxième homicide, sa dangerosité le sera tout autant. Soufiane raconte les faits avec précision. Akim nie absolument tout, se réfugiant dans une logorrhée très difficilement supportable de descriptions et de détails minutieux tout autant insignifiants qu’absolument inutiles.

 

Un rencontre fortuite

 

Ce ne sont même pas des amis, juste des fréquentations de comptoir. Ce 21 septembre 2014, Soufiane vient d’être « laissé comme un malpropre » par la mère de leurs deux enfants. Il est détruit et dans un bar, raconte ses malheurs à Akim qui lui propose de le suivre. Ils se rendent alors chez Laurent B., 54 ans, Akim veut se faire, soi-disant, rembourser une dette, il a pris soin de s’accompagner d’un fusil mitrailleur Stern. Soufiane, n’avait jamais vu Laurent B. avant cette nuit. Les deux hommes s’installent chez-lui. Laurent y sera séquestré trois jours e deux nuits. Puis ils entraineront la victime à Espira de l’Agly, dans un ancien garage en ruine, le Mas Boutou, ou elle sera abattu d’une balle dans la poitrine. Le corps sera poussé dans une fosse à vidange, arrosé d’essence, qui ne sera pas enflammée, « simplement pour cacher les odeurs » et recouvert de gravas.

 

Akim fait bombance

 

Akim muni de la carte bleue de la victime va mener grande vie, trois séjours en Espagne, hôtels, restaurants et à Perpignan, il achètera beaucoup, notamment de l’électroménager pour meubler son appartement et celui de sa petite amie. Jusqu’à ce que la carte soit bloquée. Akim nie tout, sauf le vol de la carte bleue, qu’il ne peut que reconnaître. Soufiane dit qu’il n’a fait que suivre, qu’il était terrorisé par Akim, que jamais il ne lui a été proposé d’argent, il se décrit comme étant un faible incapable de réagir dans l’affolement de l’action. Au retour du mas, dans le véhicule, il dit « s’être fait dessus ». Les experts psychologue et psychiatre le décrivent comme « déficient intellectuel ». Ce qui ne transparaît pas dans ses échanges avec la cour et les avocats. Ils s’expriment correctement et avec précision. Il aurait proposé à Laurent de s’enfuir lors d’une absence d’Akim, alors qu’ils étaient enfermés à clef dans l’appartement. Mais rien ne peut étayer ces dires. Lorsque la cour lui demandera ce qu’il pense de la version d’Akim qui nie tout en bloc, Soufiane ne répondra qu’un mot : « Foutaise ». Comment et pourquoi cette passivité de Laurent B. qui le conduira jusqu’à la mort ? Comment ne cherche t-il jamais à fuir ? Peut-être un penchant prononcé pour la bouteille a réduit ses capacités de réactions et son évaluation du danger.

 

  • Aménagé pour le prochain procès dit des Disparues de la Gare.

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