Maudites sorcières

 

Le 15 novembre 2014, c’était la fête des sorcières à Tresseres. Frédéric T. rentre chez lui, dans son véhicule, il transporte ses deux fils 12 et 14 ans. Malgré sa consommation d’alcool à la fête c’est lui qui conduit ses deux fils, leur mère les suit dans son propre véhicule. Il ne pleut pas.

Les experts sont unanimes, le bitume est en bon état. Il fait nuit, il est 23h30, à l’entrée de Passà, avenue Torcatis, il y a un petit pont, la route passe de 7,6m avant le pont, se rétrécie à 4,60 pour s’élargir à nouveau le ponceau dépassé. Et là, c’est le choc, Frédéric n’a rien vu, son fils à côté le dira que lui non plus n’a rien vu. Ils penseront toujours que la motocyclette Peugeot qu’ils viennent de percuter n’avait pas de phare avant. Frédéric roulait à 70 – 75 kmh, la zone est limitée à 50, le cyclomoteur roulait à 40 kmh. Le choc frontal est terrible. Le deux roues est pratiquement coupé en deux, les deux adolescents, Manon 14 ans est la passagère et Thomas 15 ans est le conducteur, ils ont été éjecté à 6 mètres du point d’impact. Le pilote est allé frapper le pare-brise de la voiture. Ils sont décédés tous les deux. L’enquête ne permettra pas de savoir s’ils portaient leurs casques. Aucun des deux jeune gens ne l’avait sur la tête après l’accident. Les deux objets de protection ont été retrouvés alignés près de poubelles avec l’ampoule du phare avant, sans que personne ne puisse donner d’explication. Si le conducteur de la voiture avait 1,69g d’alcool dans le sang, le jeune homme conducteur du deux roues en avait 1,65g. Premier réflexe du conducteur de la voiture après avoir, dit-il, essayer en vain d’appeler les secours, ce sera de prévenir son épouse qui ne va pas tarder d’arriver sur les lieux. Il lui demandera de déclarer que c’est elle qui conduisait, très certainement, conscient que son taux d’alcool était délictueux. Deux jours plus tard, Frédéric ira corriger ce mensonge à la gendarmerie. Il est poursuivit pour homicide involontaire par conducteur d’un véhicule terrestre à moteur. Au tribunal, la tension est palpable, les familles et les amis des victimes n’ont pu tous assister au procès dans la petite salle trop exigüe. Le président Jean-Luc Dooms a tenu à s’adresser aux victimes, pour les prévenir qu’un tribunal correctionnel, s’il prend en considération les souffrances des victimes, doit faire de la justice et que tous ce qui allait être dit ne plairait pas forcément aux parties civiles. Malgré, cette longue préparation à la fin du procès, un des pères d’une des jeunes victimes s’avancera vers le prévenu pour s’affronter à lui. Un acte désespéré qui sera interrompu par les policiers de l’escorte. Il est condamné à un an de prison ferme et son permis de conduire est annulé, il pourra le repasser dans un an.

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