Vol ou recel, la peine est la même 

C’est évident, en effectuant leur vente d’or au Perthus, le couple était persuadé que les informations ne seraient pas communiquées aux autorités françaises.

Erreur. La Casa Pous, dont nos murs ventent leur qualité d’accueil et autres rachats d’or, est une très ancienne entreprise familiale catalane. Pour chaque achat une photographie des objets est enregistrée en même temps que la photocopie des documents d’identité du vendeur. Chaque semaine, les Mossos d’Esquadra, la police autonome catalane, vérifie les registres. Lorsqu’ils notent la grande régularité d’un couple de français demeurant dans le département limitrophe, ils préviendront les autorités compétentes. Le couple a effectué 29 ventes, ce qui représente 581 bijoux, soit 5 kg d’or et environ 50 000 euros. Les enquêteurs français récupèrent aussitôt les photographies des objets vendus et les présentent à plusieurs personnes ayant subi et dénoncé des cambriolages. Bingo ! Plusieurs sont reconnus. Lui, 36 ans, comparait détenu depuis 13 mois, elle, 31 ans, le fait librement. Ils reconnaissent les ventes à la Casa Pous, mais nient en bloc tout cambriolage, escroquerie ou vol par ruse, dont ils sont soupçonnés. Comment sont-ils entrés en procession d’objets volés ? Facile, il s’est lancé dans le rachat d’or. Où les trouve t-ils ? Dans les rues de St Jacques, le bouche à oreille faisant le reste. Comment sont-ils en procession d’aussi grandes quantités d’or ? « C’est la religion », répond-elle, » chez les gens du voyage, on offre de l’or. » Le grand-père a offert à son petit-fils trois kilos d’or et lors de leur mariage, ils ont reçu 90 000 euros de cadeaux. « La robe de mariage n’était plus blanche, mais violette de billets de 500 euros épinglés … ». Car leur train de vie pose question souligne le président Jean-Luc Dooms. Ils reçoivent 1030 euros de RSA, mais les comptes de leurs trois enfants sont riches de 20 000 euros chacun. Normal, répondent leurs avocats, chez-eux l’enfant est Roi, ils mangeront des pommes de terre, mais rempliront le compte de leurs enfants. Pour les personnes volées, détroussées, trompées et toujours très âgées, aucune d’elles ne sera en mesure de reconnaître son voleur lors du tapissage recélant la photographie des prévenus. Le voleur-escroc s’est souvent fait passer pour gendarme venant prévenir qu’une « bande d’arabes » sévissait dans les environs et de cacher bijoux et carte bleue. Mais quand le faux gendarme repartait … ces objets avaient effectivement disparus. Peu de temps après, un coup de téléphone d’un faux banquier ou de faux enquêteurs réclamaient le code bancaire et c’était au tour du compte en banque de se voir délesté. Mais là encore, aucune des vidéos de distributeurs automatiques de billet n’a eu la qualité requise pour permettre la moindre identification. Les trois excellents avocats de la défense vont souligner, répéter, marteler, que rien ne permet d’accuser leurs clients d’avoir participé à des vols ou cambriolages. Le casier du prévenu fait apparaître plusieurs condamnations pour abus de faiblesse ou de l’ignorance de personnes vulnérables ou très vulnérables et démarchage illégal. Le tribunal suivra à la lettre le plaidoyer des avocats, les prévenus seront relaxés pour les faits de vols et escroqueries, en revanche, ils seront reconnus coupable pour les faits de recel … qui sont passible des mêmes peines que les vols eux-mêmes. Lui écope de 30 mois ferme et elle d’un an dont six mos avec sursis et confiscation de tous les scellés dont l’argent des comptes des enfants.

Laisser un commentaire