Une bande tombe

« C’est une affaire intéressante », en jargon de magistrats et d’inspecteurs des douanes, cela veut dire que contrairement au lot commun des affaires de drogues où l’on interpelle que les « mules » responsables du transport, dans cette affaire c’est tout l’ensemble du réseau de drogue qui est tombé.

L’affaire débute du côté de Bordeaux, à Virsac, un contrôle inopiné permet aux douaniers de découvrir 53 500 euros cachés dans un complexe routier, camion et remorque. Kornelis, le chauffeur, assure qu’il ne savait pas qu’il fallait déclarer une somme supérieure à 10 000 euros lorsque l’on passe une frontière et le camion venait des Pays-Bas. Faits troublant, les billets en petites coupures usagés sont retrouvés repartis dans tout le camions y compris parmi les ustensiles de cuisine. 88% des billets sont fortement imprégnés d’essence de cannabis. Nous sommes le 16 avril 2015. Le 10 juillet, ce même camion est contrôlé au Perthus. Il vient de décharger des cosmétiques à Barcelona et remonte un déménagement de Marbella. Or, le bric-à-brac dans la remorque, ne ressemble en rien à un déménagement, mais plutôt à un assemblage d’objets hétéroclites et les meubles ne sont même pas arrimés. Le chien Tom a tôt fait de découvrir le pot-aux-roses, soit 170 kilos d’herbes de cannabis. Deux prévenus sont présent dans la salle d’audience, Kornelis qui est emprisonné depuis et qui fait une grève de la faim et Albertus le chauffeur qui est venu des Pays-Bas assister à son procès, il dit qu’en aucun moment, il n’a su ce que contenait son camion. Artur, le donneur d’ordre a disparu et Besselsen, le grand chef du trafic a été extradé vers la Norvège par les autorités espagnoles. Les deux manquants possède un long historique de condamnations pour trafic de drogue. Reste, Albertus, le chauffeur, qui se dit innocent. Or il possédait cinq téléphones portables, la parfaite panoplie du passeur de drogue et dans un premier temps il a menti au douanier, pourquoi s’il ne savait rien ? Puis il a fait comme s’il ne savait pas ouvrir le hayon de son camion. Après vérification de ses téléphones, il a enchangé 109 puis 156 messages avec ce qui devait être la voiture ouvreuse. Ce qui fait dire au président du tribunal, Jean-Luc Dooms, « autant de messages c’est soit des amoureux au début de leur relation, soit ces mêmes amoureux à la fin de leur relation pour s’insulter … soit des trafiquants de drogue ». Tous les quatre sont condamnés à la même peine, deux ans de prison ferme et une interdiction définitive du territoire français. Le chauffeur n’est pas emprisonné sur le champ, il a tout intérêt de quitter au plus vite la France par ses propres moyens. Kornelis est maintenu en prison, mais peu faire une demande d’expulsion du territoire. Les deux autres font l’objet d’un mandant d’arrêt. L’amende douanière s’élève à l’équivalent des marchandises illégales soit 482 625 euros. L’ensemble routier est confisqué tout comme les 50 000 euros découverts à Bordeaux. Mais le casse tête n’est pas terminé pour Kornelis qui devra très certainement payer une partie de l’amende avant d’être expulsé.

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