Un an ferme et mandat de dépôt.

Comment « prendre » un an ferme pour de la tôle froissée.

Le 12 jullet, quartier de l’hôpital, le conducteur d’une voiture ne respecte pas un stop et va percuter la voiture de Sylvie, une institutrice rentrant de travailler. Le conducteur responsable sort, énervé, parle un instant avec la conductrice puis prétextant l’impérative nécessité d’une communication téléphonique, s’éloigne pour ne plus revenir. Sylvie demeure seule face aux deux véhicules accidentés. Le lendemain une dame se présente au commissariat de police et s’accuse d’être la conductrice qui a causé l’accident Elle aurait fui car la voiture n’est pas assurée. Un tapissage photographique est présentée à la victime, elle est formelle « c’est le numéro 4 ». Il s’agit de Karim, le fils de la prétendue conductrice. Il n’a pas le permis de conduire. Il nie tout, jamais il n’a conduit ce jour-là ce véhicule. Il porte un bracelet électronique héritage d’un aménagement de fin de peine. A la même heure, il avait rendez-vous avec le Spip ( Service pénitentiaire d’insertion et de probation) qui est justement situé non loin du lieu de l’accident. La maman se rétracte « J’ai fait une déclaration mensongère pour protéger mon enfant ». C’est alors au tour de Réduan, le frère de Karim de se dénoncer auprès des forces de police. C’est lui qui conduisait et étrangement il supplie les enquêteurs de le croire « Je respecte votre travail, je vous en prie, dites que c’est moi ». Réduan à la différence de son frère Karim, possède un casier judiciaire et vierge, travaille et est détenteur du permis de conduire. Les policiers effectuent un nouveau tapissage incluant cette fois la photographie de Reduan et un nouveau portait de Karim. Sylvie est formelle et désigne encore et encore Karim. D’ailleurs une vérification de l’emploi du temps de Réduan prouve qu’au moment de l’accident il travaillait dans un supermarché. C’est le bon petit de la famille contrairement à Karim. Le casier judiciaire de ce dernier comporte dix condamnations en cinq ans, vol, violence, recel, stup, conduite sans permis…. Il a passé au total cinq années en prison ou toutes ses réductions de peine ont été révoquée à cause d’une dizaine incidents qu’il a provoqué pendant son incarcération. Karim est une forte tête, face au tribunal il n’en démord pas, confronté aux preuves irréfutables que le président Dooms égrène devant lui, il affirme qu’il n’était pas le conducteur ce jour-là. Il risque gros, car il était en aménagement de peine  pendant l’accident et il est en récidive légale. Son avocate va tout faire pour instiller le doute auprès du tribunal : « … et si ce n’était pas lui le conducteur, le doute doit profiter au prévenu ». Peine perdue pour Me Aguilar, peine sévère pour Karim. Il est condamné à un an de prison ferme avec mandat de dépôt. Il comparaissait libre, il repart menotte au poignet, direction Mailloles. Sa compagne insulte le tribunal, elle est expulsée et crie « Je m’en bat les c… ».  Ce qui fait douter quelque peu sur «  l’aspect physiologique de la chose »,  le très sérieux procureur de la République.

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