Trafic de cocaïne et toxicomanie

A Ille sur Têt, décembre 2015, une 307 en stationnement gênant attire l’attention de policiers municipaux. D’une des fenêtres du véhicule, un chien de race Rottweiler sans muselière s’est échappé.

Les services de gendarmerie prévenus, ce sont maintenant au militaire d’attendre la venue du propriétaire. A leur vue, ce dernier quitte ses chaussures pour aller plus vite et détale comme un lapin. La fouille du véhicule permet de mettre la main sur le parfait attirail du Junkie revendeur de drogue. Un i pad, deux téléphones portables, une balance de précision, 5155 euros et un stylo « snifeur » pour consommer la marchandise. L’expertise des téléphones permet de mettre la main sur une liste de 40 clients potentiels amateurs de cocaïne. La voiture appartient à Mohamed A., connu des forces de l’ordre pour ses activités de trafiquant. Il a fui en Espagne. De là-bas, il continue à organiser son trafic en recrutant trois intermédiaires sur place. Mais comme l’explique le président Jean-Luc Dooms : « La location gérance ne  fonctionne jamais correctement en l’absence du patron ». Mohamed est obligé de revenir à Ille sur Têt pour continuer son négoce. Il achète le gramme de cocaïne en Espagne à 35 euros et le revends à 50 euros. Au passage, il prélève une partie de la drogue pour sa grande consommation personnelle. Les gendarmes repèrent son lieu de villégiature, une caravane où ils vont le cueillir au milieu de ses doses de poudre. Il essaiera bien de fuir par une fenêtre, mais le dispositif militaire ne lui laisse aucune chance. Entre temps les clients de Mohamed sont passés aux aveux et le désigne comme leur fournisseur habituel. Deux autres prévenus comparaissent avec lui, une jeune mère de famille qui a un temps hébergé Mohamed, il a utilisé son appartement comme plaque tournante et salle de shoot et Hichame un revendeur. Mohammed a fait 9 mois de prison préventive. Il porte aujourd’hui un bracelet électronique. Hichame est sous contrôle judiciaire. Depuis leurs interpellations, ils ont tous cessé totalement leur consommation de produits stupéfiants. Tous les trois travaillent et ont changé complètement de vie. La jeune maman s’est séparée de son mari. C’est lui qui l’avait entraînée sur les chemins de l’addiction « pour simuler ses pulsions sexuelles ». Comme les amis de Mohamed se droguaient chez elle, son enfant lui a été enlevé et il est placé dans une famille d’accueil. Profitant de la présence d’une école dans la salle d’audience, le président Dooms demande à Mohamed d’expliquer ce qu’est la vie d’un toxicomane. Il se tourne vers le public et raconte qu’il ne pesait plus que 60 kilos, qu’il ne vivait et ne pensait qu’à la drogue. Qu’il a commencé par du cannabis et qu’il est devenu accro à la cocaïne, un mort vivant. Me Large, son avocat qui le suit depuis son arrestation dit qu’il l’a vu ressusciter, « il avait quitté l’humanité pendant des année pour rejoindre l’armée des ombres ». Puis mettant à profit cet intermède éducatif, l’avocat demande au tribunal de ne pas détruire tous les efforts de Mohamed pour retourner à la vie en le condamnant à de la prison ferme. Il sera entendu. Mohamed est condamné à deux ans de prison ferme, Hichame à 2 ans dont 1 avec sursis, la jeune maman à 1 an dont six mois avec sursis. Toutes les peines sont aménageables par le juge d’application des peines.

 

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