Sus à la xénophobie rampante

Le 18 octobre, un Taxiphone est cambriolé rue fontaine neuve à Perpignan. Le propriétaire appelle la police dès 8h du matin. Mais rien ne se passe, il rappelle, une fois, deux fois, il lui est répondu qu’il n’y a pas d’équipage disponible.

A 14h, il fait appel à son ami Anthony qui milite au sein du CRI (Coordination contre le racisme et l’islamophobie), car l’une des explications possibles au peu d’empressement des forces de l’ordre serait l’origine « arabe » – en fait amazigh – du nom du propriétaire et l’adresse de la boutique. Le militant téléphone, et la même réponse lui est donnée, pas d’équipe disponible. Mais l’activiste antiraciste n’en reste pas là, il envoie un mail à la préfecture, puis ni tenant plus, rappelle le commissariat. Des témoins lui explique qu’ils on vu une voiture de police passer et les agents ricanaient. C’est louche ! Des policiers qui rient. Ni tenant plus, il se fait passer pour M. Dulonpont, soi-disant propriétaire du magasin de chaussures situé juste en face du taxiphone et il dénonce un faux cambriolage. Le nom a été choisi, bien sûr, pour sa connotation on en peut plus française. Le standardiste s’étonne, doute, demande si ce n’est pas un appel en relation avec le propriétaire du Taxiphone. Il lui est répondu que non, absolument pas. Trois quart d’heure plus tard, une équipe de policiers arrive sur les lieux et remarque que la boutique en question est désaffectée depuis longtemps et elle se rend au Taxiphone, en face, pour se livrer au constat de l’effraction. Mission accomplie pour Anthony. En revanche, il se retrouve devant un tribunal correctionnel poursuivi pour « dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ayant entrainé des recherches inutiles ». Il aurait pu être poursuivi pour l’utilisation d’une fausse identité. Le procureur de la République lit le rapport de police et l’emploi du temps des agents sur le secteur. Il n’y avait que deux voitures disponibles ce jour-là et l’emploi du temps de chaque équipe était effectivement occupé toute la matinée. Et le procureur de rappeler qu’il y a des coupes sombres dans les budgets des forces de l’ordre tout autant que pour la justice et de requérir 3 mois de prison et 1000 euros d’amende. L’avocat plaidera la relaxe, son client n’a fait que constater que « certains commerçants de Perpignan se sentent traités comme des citoyens de seconde zone ». Là où le procureur voit « un individu subversif qui en veut à la terre entière », l’avocat de la défense voit un militant qui a voulu rendre service. Le tribunal présidé par Jean-Luc Dooms sera indulgent et magnanime. Anthony est condamné à 1000 euros avec sursis et le président précise que cette condamnation ne sera pas inscrite au B2 du casier judiciaire, celui que tout un chacun peu consulter. Une précision qui n’avait pas été réclamée par l’avocat du prévenu. Jean-Luc Dooms précise que cette « mesure de faveur exceptionnelle » lui est accordée afin qu’il puisse continuer son travail militant contre les discriminations car c’est une œuvre utile pour la société française. Une petite leçon de civisme pour les militants présents ans la salle … et si les magistrats et les policiers n’étaient pas tous répressifs, despotiques ou xénophobes ?

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