Méchant Coco dormira en prison

Il a 19 ans, elle en a 20. Ils ont l’air de deux adolescents face au président du tribunal  qui énumère les horreurs qui ont été commises sur Lucien qui n’a que quatre ans.

Elle avait 16 ans lorsque lui fut diagnostiquée une grossesse qu’elle qualifie de « non-voulue. » Très rapidement, elle s’est séparée du papa biologique et depuis seulement quelques mois elle vivait avec celui que son fils appelle Coco. Professeurs des écoles et Atsem ont alerté les services d’aide à l’enfance, le petit Lucien avait un œil bleu. Pressé de question, l’enfant a mimé un coup de poing en disant « Coco méchant ». Aussitôt les services du Conseil Général ont mené leur enquête et ont alerté le juge pour enfant. « J’ai renversé un jus de raisin sur le bras » a expliqué Lucien aux enquêteurs. Mais très vite ces derniers comprendront que c’est une légende que la maman et son ami ont apprise au petit Lucien. Suivra la longue litanie des sévices : brûlure de cigarettes, douche froide. Combien ? Deux, trois, il cherche à minimiser et change chaque fois de version. « Vous savez c’est qu’est le choc thermique d’un jet d’eau froide sur le corps d’un adulte ? » demande le président. Pas seulement froide ! Lucien a aussi été brûlé par l’eau bouillante de la douche, l’épaule, une partie du dos et au visage. Même l’œil a été blessé rappelle Me Lise Peltier, avocate pour l’Enfance Catalane du Conseil Général. Et puis, il y a les morsures. « Lucien mordait, j’ai voulu lui montrer ce que cela faisait » alors Coco méchant a mordu la joue et la maman avouera aux enquêteurs « une marque énorme ». Puis derrière l’oreille, deux mois après on peut encore compter les dents du compagnon de maman. Lui va mentir pour se protéger et elle va mentir pour couvrir son amoureux. Me lise Peltier dira dans sa plaidoirie : « Parce que celui que l’on a choisi n’est pas celui qui a 4 ans ». Même la grand-mère maternelle, celle qu’aurait dû être la bonne mamie protectrice, va mentir pour cacher les tortures infligées à son petit-fils. « Tous les adultes l’ont trahis » dira encore Me Peltier. Méchant Coco est prévenu pour avoir commis les violences et la maman pour « abstention de porter secours à une personne en péril ». Elle est condamnée à six mois de prison avec sursis. Elle termine ses études pour devenir institutrice. « Si vous êtes confrontée à des agissements comme ceux-là sur un de vos élèves, alerterez-vous les autorités ? » a demandé le président. Le « oui » répondu a été murmuré, à peine audible, quand on l’aurait voulu franc et massif.  Lui est condamné à trois ans de prison dont un avec sursis et mise à l’épreuve avec obligation de soin. Interdiction totale d’entrer en contact avec le petit Lucien et un mandat de dépôt est délivré contre lui. Coco Méchant dormira en prison. Il part escorté par quatre policiers impressionnants avec leur gilets pare-balle. Menotté, Coco a encore l’air d’un enfant lorsqu’il tombe en pleur dans les bras de sa maman pendant que son père, désespéré, lui caresse la tête. Connaît-il sa chance d’avoir des parents aimants ?

Laisser un commentaire