Catalogne : 2017 l’année de l’indépendance ?

Si l’est un point ou indépendantistes et anti indépendantistes (unionistes) sont d’accords en Catalogne et en Espagne, c’est sur l’échéance inéluctable de 2017 qui verra l’affrontement majeur entre une Espagne qui se veut « une et indivisible » et des Catalans, majoritaires au parlement autonome, qui veulent décider seuls de leur destin. Pour se faire trois alternatives sont possibles :

 

Carles Puigdemont a annoncé très officiellement que le gouvernement autonome organiserait un référendum en septembre. Une consultation qui poserait très clairement la question aux électeurs catalans : Désirez-vous oui ou non l’indépendance en la Catalogne. Très certainement, l’interrogation ne sera pas exactement dans ces termes. Car toute la difficulté réside dans la rédaction de cette question. Toute formulation explicite sur une éventuelle  « séparation » se heurtera automatiquement à l’article 2 de la constitution espagnole qui déclare l’unité indissoluble de la nation espagnole. En revanche, toute la complexité pour le gouvernement Rajoy sera de savoir comment empêcher matériellement la Catalogne de voter. Envoyer la Guardia Civil ? Ordonner à la police autonome catalane, les « Mossos d’Esquadra » de retirer les urnes par la force ? Ou supprimer l’autonomie catalane comme lui en donne la possibilité l’article 155 de la Constitution espagnole. Jusqu’à présent la seule réponse que le gouvernement Rajoy a opposée aux velléités indépendantistes des catalans a été de privilégier l’ordre judiciaire sur l’ordre policier en multipliant les recours devant le Tribunal constitutionnel.

 

Pseudo référendum et vraies déconnections

 

Le 9 novembre 2014, la Catalogne avait organisé non pas un référendum mais une « consultation populaire » (consulta). Des urnes avaient été disposées dans des locaux non officiels sur tout le territoire catalan. Le gouvernement espagnol reconnaît avoir laissé faire cette enquête, uniquement parce qu’elle avait été présentée comme une initiative populaire. Mais une fois les résultats publiés, le gouvernement a estimé avoir été trompé en constatant l’implication du président Artur Mas et de deux de ses ministres. Plaintes a été déposées contre eux et leur inhabilitassions est réclamée par le ministère public. La présidente du parlement catalan Carme Forcadell, qui jouit d‘une très grande popularité en Catalogne a été, elle aussi accusée de désobéissance, pour avoir soumis au vote des députés, la résolution de déconnexion unilatérale de la Catalogne. Or, si elle devait être invalidée, les indépendantistes majoritaires au parlement de Catalogne ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne tiendraient pas compte de la décision du Tribunal Constitutionnel. Le maintien au perchoir d’une Carme Forcadell invalidée entrainerait automatiquement le départ de l’opposition anti indépendantiste et une DUI (déclaration unitaire d’indépendance) serait déposée. Fort de la grande capacité de mobilisation des indépendantistes ces dernières années, Artur Mas a d’ores et déjà demandé au peuple catalan de se tenir prêt à soutenir leur parlement dans la rue s’il le faut, Dernière possibilité présentée il y a quelques jours par le délégué du gouvernement espagnol en Catalogne Enric Millo, la possibilité d’un référendum général sur tout le territoire espagnol. Mais là encore les catalans joueraient sur du velours. Si toutes les instances internationales reconnaissent le droit à l’autodétermination, ce droit concerne toujours les peuples et en aucun les Etats. Le parlement catalan utiliserait alors le seul résultat catalan sans tenir en compte le moins du monde des résultats du reste de l’Espagne.

 

 

La dernière possibilité d’une éventuelle indépendance est en train de se dérouler au vu et au su de tous.  Chaque jour le parlement de Catalogne fort de sa majorité absolue indépendantiste vote des lois dites de  « déconnections » destinées à organiser une Catalogne indépendante en supprimant et privant le gouvernement espagnol de la plupart de ses prérogatives sur l’ensemble du territoire catalan sans que unioniste et gouvernement ne puissent s’y opposer frontalement. Mais la question la plus brûlante et la plus controversée demeure : « Célébrera-t-on un référendum illégal en Catalogne en septembre 2017 ? »

Laisser un commentaire