Assises : 30 mois pour le meurtrier de Fontpedrouse

Selon le Dr. Danièle Cani, expert psychologue devant les tribunaux, Alain Varo, 49 ans, a subi tout le long de son enfance et adolescence les brimades d’un père autoritaire, violent et méprisant.

 

Ce dernier était originaire d’Algérie Française où il avait servi comme militaire pendant la guerre. Il avait été fortement traumatisé par cette époque et tous ses enfants avaient « été baignés dans ses ressentiments. » Un seul de ses fils avaient grâce à ses yeux, l’aîné devenu comandant des pompiers à Monte-Carlo, aux autres il leur rabâchait qu’ils n’étaient que des « cartouches loupées ». Alain Varo voudra toute sa vie soigner ses blessures subies dans sa petite enfance. D’abord dans son travail, où il voudra donner la plus grande satisfaction à ses employeurs et dans ses conquêtes amoureuses, qu’il multipliera.

 

Un compagnon tyrannique

 

En revanche, l’image que toutes ses anciennes compagnes vont venir donner de lui à la barre des témoins, sera catastrophique. Comme son père, Alain Varo aura su se montrer vexant, humiliant, exigeant, tyrannique. Unanimes, elles le décriront grossier et vulgaire. Ces témoignages seront accablants. Son propre frère expliquera qu’il avait dû intervenir une fois « car je n’entretiens pas ce type de relations avec mon épouse » et de rajouter, « paradoxalement quand il était quitté, il était toujours accablé »

 

Un acharnement

 

Ce 15 décembre 2013 vers 19H, c’est justement chez l’une d’entre elle, à Fontpedrouse, que se rendait Alain Varo avec une bouteille de vin pour faire l’apéro avant de regagner le domicile de sa nouvelle compagne. Corinne qui venait de rompre avait manifesté sa volonté de rester « ami ». La suite c’est Alain Varo qui la conte. Corinne aurait manifesté vouloir faire l’amour ce qu’il avait refusé, toujours selon ses dires, car peu désireux d’avoir ce type de relations ne s’inscrivant pas dans la durée. Elle se serait moqué de lui et lui aurait dit « Si ce n’est pas toi, ce sera un autre, ce sera où je veux, quand je veux ». « Je me suis senti Sali, humilié ». Il prend un pied de sommier pour la frapper, sept ou huit impacts seront relevés, puis alors qu’elle est face contre terre, dans un geste d’égorgement, il lui taillade le cou avec un couteau. Neuf coups, un expert légiste dira qu’elle était pratiquement décapitée. Puis après être passé chez-lui se laver, il se rendra chez sa nouvelle compagne où ils joueront à des jeux de sociétés. Le lendemain, affligé, il ira soutenir la famille de la défunte. Aux deux filles de la victime, il prononcera cette phrase que personne ne lui pardonnera : « Je vous avais bien dit que vous n’auriez pas votre mère toute votre vie ». Un jour et demi après les faits, il reconnaîtra sa participation devant l’insistance des enquêteurs. A la suite d’un long réquisitoire, l’avocate générale va requérir la peine maximale contre l’accusé, la prison à perpétuité. Exceptionnel dans une affaire de meurtre et dans un drame passionnel, motivé par « la dangerosité de l’accusé. » Après trois heures de délibéré, les jurés se sont prononcés pour une condamnation de 30 ans de réclusion.

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