Abject et détestable

Abel est rentré d’Algérie quelques jours auparavant, il y est allé pour enterrer sa maman. Elle lui a laissé un bel héritage de 30 000 euros. Ce 17 octobre, il rencontre un copain du côté de La Poste à Perpignan et ils décident d’aller vider quelques verres. Au sortir de l’établissement, ils rencontrent le frère du copain de boisson et s’ensuit une dispute. Comment son frère est allé boire alors qu’il avait arrêté? Et ce troisième larron de s’en prendre à Abel qui serait la mauvaise fréquentation.

Passe Pierre P. sur son fauteuil roulant qui leur adresse à tous un message humaniste que sa situation rend encore plus juste « Ne vous battez pas, il y a des choses bien plus grave en ce bas monde ». Abel qui vient de recevoir trois gifles, se jette sur l’handicapé et lui assène trois coups de poings en plein visage. Il tente de renverser le fauteuil roulant, mais ce dernier pesant 200 kilos et Pierre 120, il n’y arrive pas. Alors, il ne fait ni une ni deux, s’empare d’une bouteille, la brise et avec le tesson acéré taillade le pauvre Pierre incapable de se défendre. Pierre n’a qu’un bras suite à un AVC. Abel lui taillade l’oreille, le thorax et comble de malchance sa main valide. Pendant deux mois, Pierre ne pourra plus se déplacer avec son fauteuil électrique, ne pourra plus se nourrir seul, ni se laver. Cette situation terriblement humiliante pour lui, il la décrit au tribunal avec une dignité qui force le respect. Son seul plaisir dans la vie depuis ses graves problèmes de santé, c’était aller se promener avec son fils. Depuis les faits, il a peur de sortir de chez-lui et de ne pouvoir protéger son enfant qui souffre aussi d’un grave problème de santé. Pourquoi ? demande le président à Abel, nous ne sommes pas là pour faire de la morale, mais pourquoi s’en prendre à une personne sur un fauteuil roulant, alors que chacun d’entre-nous voudrez lui rendre service ? Abel est un moulin à paroles, il explique qu’il avait pris ce morceau de verre pour se défendre de son agresseur qui lui avait martelé le visage de coups de poings et que malencontreusement il est tombé sur Pierre P. et l’a blessé sans le vouloir. Madame l’assesseure lui fait remarquer qu’aucun des témoins présents ne donnent cette version, alors que leurs témoignages concordent entre eux et avec les explications de la victime. Dernier fait aggravant, Abel s’est enfui des lieux de son forfait en emportant la sacoche de Pierre, pour lui arracher, il a dû en briser la courroie. Les policiers arrivés très rapidement sur les lieux apercevront Abel se défère de son butin. « Un acte grave et détestable » martèlera madame la procureure. Abel a trois mentions sur son casier judiciaire dont deux pour violence. Il est en double récidive, son quantum de peine maximum serait de 10 ans, multiplié par deux pour la récidive. Il est condamné à 6 ans prison avec maintien en détention et à payer une provision de 5000 euros pour expertise médicale de la victime et 800 euros pour ses frais d’avocats. Un bon moyen de placer une partie de son héritage.

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