Sans papier : Coup de théâtre au tribunal

 

« So – so,- so – solidarité avec les sans-papier ». Mercredi dernier, 14h, ils étaient une bonne cinquantaine de militants à braver la chaleur et à s’époumoner sur les marches du Palais de Justice.

Denis Lambert était poursuivi pour avoir hébergé dans son propre domicile un couple d’Arméniens et leurs deux enfants, 3 et 6 ans. Le parquet de Perpignan, n’avait pas lésiné sur les moyens et avait donné l’autorisation de placer le logement sur table d’écoute et les personnes qui y logeaient étaient toutes prises en filature. Placé en garde à vue Denis Lambert avait aussitôt reconnu les faits. Il hébergeait effectivement, depuis le 10 septembre 2014, une famille de sans-papier qui venait d’être expulsée de l’Hôtel Social. Or, faciliter le séjour d’étrangers en situation irrégulière, n’est plus un délit depuis le 31 décembre 2012. Qu’à cela ne tienne, lorsque le père de famille sera interrogé à son tour, les policiers lui demanderont si la famille participe aux tâches ménagères. Le papa reconnaîtra une participation et Denis Lambert se verra soupçonné d’héberger des personnes, débouté du droit d’asile, contre avantage en nature. Le procureur de la République AchillesKériakidès, prendra la parole avant que ne débute la procédure pour annoncer qu’en cette affaire « à aucun moment je n’ai reçu de directive de quiconque … je parle en vertu de ma seule conscience », puis il déclarera qu’à la lecture des conclusions déposer par Me Codognès avocat de la défense, « l’immunité prévue par la loi concerne largement les faits reprochés à Monsieur Lambert … à l’occurrence  j’abandonne les poursuites. » Me Codognès saluera aussitôt le courage du parquet en soulignant que M. Kiriakidès « fait honneur à l’institution qu’il préside ». L’avocat a tenu à rappeler que dans ce département beaucoup sont issus de familles, qui en leur temps, ont bénéficié de la générosité de la France, « moi, c’était mon grand-père maternel, réfugié de la guerre d’Espagne. » Quatre témoins attendaient pour intervenir, ce sera inutile. Parmi eux, Georges Gumpel, représentant de l’Union juive de France, qui jusqu’à sept ans à dû vivre caché pour ne pas finir comme son propre père dans un camp d’extermination nazi. « Autrefois, ceux qui les aidaient étaient appelés les Justes, rappellera Me Codognès, c’est ce qu’à fait M. Lambert sans aucune contrepartie … mue par sa seule générosité et sa conscience. » La décision a été accueillie par des « hourras » par les manifestants demeurés sous un soleil de plomb, les forces de police ne les ayant pas laissés entrer dans la salle des audiences dans leur totalité.

 

 

 

 

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