Les Amours Parloirs

 

Elles sont gardiennes de prison, avocates, mères de famille, riches bourgeoise de province qui un beau jour vont tout perdre pour un amour de prison. Ce sont les « amours-parloirs ».

Découverte d’un homme incarcéré qui leur est entièrement dépendant, envie de réveiller une vie sexuelle des plus mornes ? Isabelle Hornan leur a dédié un livre* et le tribunal de Perpignan, une audience. Michel a eu trois enfants d’un premier mariage. Il entretiendra avec un de ses fils des relations sexuelles pendant trois ans, de 9 à 11 ans. Il en arrivera même à proposer le corps de ce fils, son propre fils, sur Internet. Condamné à vingt ans de prison, un autre de ses enfants gardera malgré tout un lien avec lui et le visitera à la prison. Un jour, il s’y rend avec son épouse et sa belle-mère, Marie-Jeanne. Pour cette dernière, ce sera le coup de foudre. Rien ne pourra plus la détourner de cet amour, ni les confidences horrifiées de l’ex-femme de Michel qui a vécu un enfer avec lui, ni les conseils de son beau-fils, ni ceux de sa propre fille. Les visites et les lettres enflammées vont se succéder, jusqu’au mariage en prison, le 14 septembre 2006. Puis, Michel obtiendra une remise de peine et l’idylle pourra continuer à l’air libre. Le couple vit le parfait amour. Qui s’en étonnerait ? Michel est un adepte de jeux sexuels. Si on ne lui raconte pas des « conchoncetés », il n’y arrive pas. D’un accord tacite, on pratique ce qu’il appelle, « l’appartenance, dépendance et soumission ». Un jeu pour prendre l’initiative ou se soumettre à tour de rôle. Ce qui permet trop souvent à Michel, d’assouvir des fantasmes de plus en plus étranges. Puis il y a ce voyage en Alsace, où il lui demandera de montrer ses seins aux camionneurs. Puis, ces photos érotiques, qui sont au dossier, et qui seront qualifiées même de pornographiques par le tribunal. Ces jeux vont plaire de moins en moins à Marie-Jeanne, jusqu’au soir du 13 février, où elle va refuser un rapport sexuel dans la cuisine. Il se fera insistant, mais le « non » se voudra définitif, alors, fou de rage, Michel va repousser Marie-Jeanne qui ira tomber violemment contre une poubelle où elle se brisera une côte. Mais, pour l’heure, ils n’en savent rien. Elle ne peut plus respirer. Il doit l’aider à se relever et la porter au lit. La douleur est si forte qu’elle lui demande deux comprimés de Di-Antalvic. Que lui aura-t-il donné ? Sans-doute du Rohypnol, la drogue des violeurs. Mais la douleur atroce, sera plus forte que les effets de la drogue et Marie-Jeanne se souviendra par bribes avoir été violée toute la nuit. Reconnu coupable par le tribunal pour l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, Michel est condamné à six ans de prison avec maintien en détention et dix ans de contrôle judiciaire avec obligation de soins. Une révocation de son précédent sursis viendra s’ajouter à sa peine de prison ferme.

* « L’Amour (fou) pour un criminel » Isabelle Horlans, Ed. Cherche Midi

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