Assises : Meurtre à Céret

 

Qui est l’accusé El Hadi Guenaoui ? 51 ans au moment des faits, le même âge que sa victime. Les témoignages sont unanimes dans le village, celui que tous appellent Dadi est serviable, généreux, cordial, poli, et puis il y le Guenaoui qui s’est acharné et a massacré à coups de chaises Patrick Uicher.

El Hadi Guenaoui est algérien, sa peau noire dénote des origines Sahraouis. Ses parents iront s’établir dans le nord du pays ou il souffrira du racisme. Plus grave, il subira des violences sexuelles terribles dans les écoles coraniques – équivalent de nos maternelles – et pendant son service militaire. Pendant la terrible guerre civile qui va ensanglanter son pays, Guenaoui préfèrera quitter son pays pour s’installer à Céret. Les témoignages sont unanimes, Dadi est une personne qui a su parfaitement s’intégrer à la vie de la petite capitale du Vallespir. Très sportif, jouissant d’un physique athlétique, il entraine les jeunes du village au football au Rugby à l’athlétisme.. Dadi est adoré de tous, toujours volontaire pour apporter son aide bénévole à la vie associative tout autant que pour aider à un déménagement. Deux médecins viendront témoigner de son dévouement auprès de malades du village ou même d’enfants trisomiques. M. Piquemal adjoint au maire depuis 35 ans, policier en retraite, ne comprend pas ce qui a pu se passer ce dimanche 22 janvier 2012. Jamais il n’avait vu Dadi avec un verre à la main et il n’hésite pas à ajouter que bon nombre d’artisans de sa commune son près à employer Dadi dès sa sortie de prison. Seul bémol à ces torrents d’éloges, le témoignage accablant de son ex épouse qui décrit un Guenaoui, « pervers narcissique », tortionnaire et d’une violence extrême envers ses propres enfants. La réponse réside très certainement dans le rapport de l’expert psychiatrique qui lors de sa consultation a relevé de «  très graves troubles du comportement » chez Guenaoui. Le jour des faits, Guenaoui a bu plus que de raison dans cinq ou six établissements, bars ou restaurants du village. Les enquêteurs suivront sa trace et retrouveront les témoins de ses nombreuses algarades, il donne un coup de tête à un client dans un café, puis se rend à une fête ou participe ses enfants. Visiblement ivre, il donnera à nouveau deux coups de tête à un parent d’élève et brulera une des bénévoles lorsqu’il renversera une crêpière. Puis aux alentours de 21 h, il se rendra chez Partick Uicher. Là, pour une vague histoire de photographies et de documents disparus dans son camion plusieurs années auparavant, Guenaoui va s’acharner à coups de chaises en fer sur la malheureuse victime. Plus de quinze coups seront relevés par les médecins légistes. Les témoins de l’horrible scène sont unanimes, Uixer n’a jamais  tenté de se défendre. Son poids plume face à l’athlétique Guenaoui ne lui laissait aucune chance. Guenaoui ne reconnaît que deux coups de « tabouret » et accuse deux des témoins d’avoir déplacé le corps et d’avoir nettoyé une autre scène du crime. Car il situe les faits, contre toute évidence, rue Joffre alors qu’ils ont eu lieu rue du Petit Paris, contrevérité flagrante qui a très souvent gêné l’excellente défense de Me Nicolau. Qui est réellement El hadi Guenaoui ? Les jurés ont donné leur réponse après cinq heures de délibéré, dix-huit ans de prison ferme, une peine extrême pour un meurtre ignoble. Son avocat a aussitôt déclaré qu’il interjetait appel de cette décision.

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