Assises des P-O : Coups de barre de fer à Rivesaltes

 

 

Les querelles de voisinage peuvent devenir obsédantes et gâcher la vie de familles entières. Au pire, elles peuvent aussi terminer devant une cour d’Assises. Lors de la deuxième session d’Assises, jeudi 7 mai, Kloufi Belatrèche était accusé d’avoir blessé à coup de barre de fer son voisin du dessus, des « violences ayant entraîné une infirmité permanente ».

Le 11 mai 2012, il est 17 h, l’épouse de la victime a préparé le panier repas de son mari. Il travaille dur, il répare des portions de routes. Les travaux ont toujours lieu la nuit pour éviter une trop grande affluence de véhicules. Comme chaque jour, elle se rend sur le balcon pour lui adresser un dernier signe de la main. Son mari, penché, range sa glacière dans son véhicule. Lorsqu’elle voit son voisin Kloufi Belatrèche s’approcher en catimini dans le dos de son mari. Il dissimule une barre de fer le long de sa jambe. Aussitôt, il lui assène un premier coup sur la nuque puis un deuxième. Son mari titube et s’affale sur le goudron du parking. Belatrèche lui donne encore deux coups de pieds au visage. Les quatre coups portés, l’accusé les reconnaît, même s’il dit avoir donné les coups de barre de fer sur les bras. Lorsque la victime viendra témoigner, elle enseignera aux jurés la terrible cicatrice en forme de lune qui barre toute sa nuque. Il restera trois jours dans le coma. A la barre, sa diction est anormalement lente, il explique que des pans entiers de sa mémoire ont disparu. Il ne reconnaît plus certaines personnes qui lui étaient familières avant le drame. Belatrècche vend des pizzas et pâtisseries orientales. Il accuse son voisin de tout les maux, de faire du bruit, de vouloir agresser des vieux, de vendre de la drogue, de crever régulièrement les roues de son véhicule professionnel. Les enquêteurs ne trouveront rien pouvant étayer ses dires. La victime est pourtant persuadée qu’ils étaient en bons termes avant le jour des faits. Son épouse en larme se tournera vers le banc des accusés en disant « Il ne sait pas combien il a gâché nos vies et celle de nos trois enfants. » Son mari est devenu depuis irascible, ne peut plus travailler, c’est sur elle que repose maintenant toute la famille. Après les faits, l’accusé avait été maintenu en liberté avec interdiction d’entrer en contact avec la famille de la victime. 24 appels téléphoniques malveillants de sa part le conduiront tout droit en prison. Kloufi Belatrèche qui avait déjà 9 mentions, pour violence sur son casier judiciaire, reconnu particulièrement impulsif par les psys, il est condamné à dix ans de réclusion.

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