Viol sur mineur et inceste

Première de trois affaires de viols aux Assises de Perpignan
Mercredi matin, après le tirage au sort des jurés, l’avocat des parties civiles représentant les victimes, mineures au moment des faits, demande l’huis-clos. Le président de la cour, M. Cayrol, l’accepte, nous nous levons et quittons la sale. Une table est aussitôt installée à l’entrée du tribunal, et deux policiers filtrent les entrées.

Un couple est dans le box des accusés, détenus et surveillé par une escorte. Elle a 44 ans lui 40, ils sont accusés de viols sur mineurs de moins de 15 ans. Le drame a eu lieu à Saint Cyprien et malheureusement dans ce type d’affaire, le silence a permis qu’il dure de 2001 à 2009. Une maman et ses deux enfants, s’est mise en ménage avec un nouveau compagnon qui va abuser tout d’abord de sa fille puis ensuite de son fils. Alternant violence physique, menace et chantage, il va avoir des rapports sexuels réguliers avec la jeune fille. La mère ne dira rien de peur de perdre son amant. Lorsque les faits seront mis en lumière, elle va encore tenter de couvrir celui-ci, en accusant sa propre fille. Déclarant qu’elle était consentante et amoureuse de lui. Silence, aussi, lorsque la fillette âgée seulement de 13 ans, va tomber enceinte de son beau-père. Elle sera d’abord copieusement battue par sa mère avant d’être obligée de se faire avorter. La technique du beau-père, pour arriver à ses fins, était d’infliger de terribles punitions à sa belle fille. Pour en être libérée, il fallait qu’elle accepte ses moindres caprices. Ensuite, viendra le tour du petit frère de subir ces mêmes outrages. Les psy ont décrit le beau-père comme « un être dangereux difficilement curable ». Ayant subi le viol dans son enfance, il n’aurait aucune perception des interdits sexuels. C’est la petite fille qui se confiera à l’infirmière de son lycée, ce qui provoquera les arrestations. Les avocats et les personnes qui ont eu accès aux dossiers sont unanimes, la jeune fille a vécu un véritable calvaire. Le couple n’a pas eu un mot de regret, ni de compassion pour ses enfants. La mère, qui a souvent participé aux viols de ses propres enfants, durant le procès, a toujours cherché à éviter de les regarder.Au 3e et dernier jour du procès à huis clos d’un homme de 40 ans et de sa compagne de 44 ans jugés pour ‘viols et abus sexuels’ sur les enfants de cette dernière, alors âgés de moins de 15 ans, entre 2001 et 2009 à Saint-Cyprien, la cour d’assises des P.-O. a rendu son verdict hier soir, au terme de plus de 3 heures de délibérations. Les jurés ont considéré que le ‘beau-père’ des jeunes victimes était en état de récidive du fait d’une précédente condamnation en 1998 pour trafic de stupéfiants et l’a condamné à 25 ans de réclusion criminelle assortis d’un suivi sociojudiciaire pendant 30 ans. Tout non-respect de cette mesure pouvant être sanctionnée par 7 ans de prison supplémentaires. Concernant sa coaccusée, le jury est allé au-delà des réquisitions de l’avocat général qui avait réclamé en fin de matinée 14 ans d’emprisonnement à son encontre et a prononcé une peine de 15 ans de réclusion. Il a enfin été ordonné que tous les deux soient inscrits au fichier national des délinquants sexuels.

L’inceste en chiffre

En France, il y aurait plus de deux millions de victimes de viol au sein de leur propre famille, ce qui représente, 3 % de la population. Plus d’une personne sur quatre connaît une victime d’inceste dans son entourage. L’âge moyen du premier viol est subi à neuf ans, un abus sur mineur, dans la famille, dure en moyenne, entre deux et cinq ans. Trois cents cas d’inceste sont découverts chaque jour en France. (Chiffre de A.I.V.I, Association internationale des victimes de l’inceste). Lundi, toujours aux Assises de Perpignan, commence le procès en appel d’un beau-père qui est accusé du viol de deux petits enfants, garçon et fille, de son épouse. C’est l’accusé qui a fait appel, ainsi que le parquet, qui pourra, s’il juge bon, aggraver la peine dans ses réquisitions.

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