Recours contra le projet indépendantiste de la Catalogne

Soraya Saènz de Santamaria, vice présidente du gouvernement espagnol a annoncé vendredi que le conseil exécutif a décidé de présenter tous les recours possibles, devant le Tribunal Constitutionnel, afin de récuser la déclaration de souveraineté, votée par parlement catalan, le 23 février dernier.

Le Conseil exécutif demandera, par précaution (cautelar), à la haute instance du tribunal constitutionnel de suspendre le vote du parlement catalan, et ce, pendant cinq mois, afin d’attendre que le Tribunal constitutionnel ne se prononce. « Ce gouvernement (espagnol) respecte la Constitution » a souligné Saènz de Santamaria devant la conférence de presse qui a suivi le conseil des ministres, elle a ajouté que cette décision de recours a été présentée suite à une information du Conseil d’État qui précise que la résolution du gouvernement catalan, en faveur de la souveraineté, est incompatible avec la Constitution Espagnole.

Une déclaration unilatérale d’indépendance ?

Le Parlement Catalan, suite à la manifestation d’un million et demi de personnes en faveur de l’indépendance de la Catalogne, le 11 septembre dernier, a décidé de convoquer un référendum, en 2014, pour demander au peuple catalan de décider s’il désire continuer à être une région autonome espagnole ou de se constituer en état indépendant. Les sondages actuels, publiés, tant par la presse catalane, que par les journaux anti-indépendantistes, prévoient 55% pour l’indépendance et 20% contre, les autres ne se prononcent pas. Le gouvernement espagnol à d’ores et déjà déclaré qu’il ferait tout pour empêcher le référendum. En cas d’impossibilité pour le gouvernement catalan d’inviter la population à voter, pour ou contre un état indépendant, les élections législatives catalanes seraient avancées. La majorité de centre droit CDC et le parti à la tête de l’opposition au parlement, ERC, gauche républicaine et indépendantiste, feraient liste commune, afin d’obtenir un plébiscite, ce qui leur permettrait de prononcer une déclaration unilatérale d’indépendance.

Que va faire l’armée ?

Franco avait promis qu’à sa mort, il laisserait tout : « Atado y bien atado », tout ficelé et bien ficelé. La Constitution Espagnole laisse à la responsabilité de l’armée espagnole l’unité du territoire, à elle de décider que faire en cas d’une déclaration de sécession. Le général de réserve, Juan Antonio Chicharro, vient de se prononcer pour une intervention militaire en cas de déclaration d’indépendance de la Catalogne. Son argument majeur, repris par toute la presse espagnole et internationale : « La patrie est plus importante que la démocratie », en réponse aux Catalans qui disent qu’un référendum, c’est l’expression de la démocratie et que l’interdire serait de la dictature. Quand au colonel Francisco Alamàn, il est allé un peu plus loin dans la menace, il a prévenu les Catalans : « En cas d’indépendance que Dieu vous prenne confessés ». Ce qui est carrément une menace de mort.

 

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