Outrage à gardien de prison

Lilan Amador a 30 ans, il est né à Béziers, avant son incarcération il y vivait encore. Aujourd’hui, il est interdit de séjour dans l’Hérault, l’administration ne sait plus dans quelle prison le garder.

 

 

Amador, a connu sa première incarcération à quatorze ans, depuis, il collectionne les condamnations, recel de biens, vol aggravé, rébellion, vol avec violence, escroquerie, violence en réunion, violence aggravée en deux circonstances, conduites sans permis, stupéfiants, détention d’arme et de munition, menace de mort avec ordre d’accomplir. Cette toute dernière mention, bien étrange pour le profane, est en général utilisée pour qualifier le délit de proxénétisme. Menace de mort pour obliger la personne à se prostituer. C’est sa toute dernière condamnation, punie de cinq ans d’emprisonnement pour délit de proxénétisme aggravé. Il a été tout d’abord incarcéré à Uzerche, mais une interdiction de séjour dans l’Hérault a rendu cet emprisonnement impossible. En revanche, Lilan Amador vivant maritalement depuis onze ans et ayant trois enfants, il a fallu que son incarcération lui permette un rapprochement familial. C’est pour cette raison qu’il se retrouve au centre pénitencier de Perpignan où il peut jouir de la visite de nombreux membres de sa famille. Ce qui lui vaut d’être présenté au Palais de Justice de Perpignan, c’est un nouveau délit d’outrage à personnes dépositaires de l’autorité publique, à l’occurrence, deux gardiens de prison. Lilan Amador les a menacés : « Je le frapperai …  je vais lui mettre deux ou trois patates… » Amador refuse la comparution immédiate et demande un délai pour préparer sa défense. Problème, où l’incarcérer ? Il faut prononcer contre lui, un nouveau mandat de dépôt, il ne peut plus aller dans l’Hérault, mais il ne peut être emprisonné dans les bâtiments où il a proféré ses menaces. Il faut l’éloigner des ses victimes. Son avocat parle d’un changement d’unité, pour une aile de la prison où les deux gardiens n’ont pas accès. Amador, afin d’expliquer son geste, se déclare « schizophrène ». Le tribunal est étonné de n’avoir jamais lu nulle part aucune mention de cette pathologie le concernant. Elle devrait être confirmée par un spécialiste. Juge et accesseurs apprendront que c’est Lilan Amador lui-même qui vient de décréter qu’il souffrait de cette maladie mentale. Rendez-vous est pris pour un prochain procès.

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