Opération Andromeda : 215 prostituées semi-esclaves au Dallas

L’opération Andromeda contre l’exploitation sexuelle menée de longue date par la police nationale, s’est terminée par la détention de dix-neuf personnes dont sept de nationalité roumaine.

Andromeda, nom emprunté à la mythologie grecque qui veut dire « pouvoir des hommes », a été le nom d’une vaste opération policière qui s’est terminée par un grand coup de filet dans les milieux proxénète et d’une maison close de l’Empordà : El Dallas, sur le territoire d’Agullana, à la sortie de La Jonquera. Cinq personnes liées au Dallas ont été mises en examen, mais laissées en liberté. L’enquête a duré un an et a permis d’identifier 215 femmes considérées comme victimes de deux réseaux d’exploitation, le premier est roumains et dirigé par Viorel Jantea, qui appâtaient les jeunes filles avec des promesses mensongères de travail bien rémunérés en Espagne, le second organisé par les patrons des clubs nocturnes, dirigé par Reyes Romera.

Semi-esclaves

Les filles vivaient dans un état de semi-esclavage et étaient exploitées sexuellement au Club Dallas. Le Dallas rapporte, en moyenne, un chiffre d’affaire de 60 000 euros par jour. Selon la police, le couple, propriétaire du club Dallas, Reyes Romera et Maria del Mar Mata, surveillent les filles à l’aide d’un système sophistiqué de caméras, depuis leur propre domicile à Sagunt. Les filles qui travaillent au Club doivent effectuer des journées de 12 et 14 heures. En guise de pointeuse, pour assurer de leur présence effective, elles doivent passer un scanner qui relève leurs empreintes papillaires. Le même système sert aussi à enregistrer chaque passe. Chaque fille paye 70 euros par jour pour louer la chambre, qu’elle travaille ou non, garder sa place dans la boite, si elle est absente, l’oblige à la régler ce loyer chaque jour. Une éponge vaginale spéciale, leur est distribuée, à leurs frais, pour qu’elles puissent continuer de travailler pendant leurs menstruations. Toute absence leur est facturée. Les prostituées sont aussi obligées de payer une participation aux frais d’exploitation du Dallas, tout ou à peu près tout leur est facturé, cinq euros pour l’électricité, deux pour le papier hygiénique, sept pour chaque bouteille de savon liquide. Tous leurs achats possibles au Lupanar sont obligatoirement fait sur place, préservatifs, tabac, nourriture, boissons et même la blanchisserie qui leur est facturée à des prix prohibitifs. L’établissement est équipé de système pour brouiller les téléphones portables, obligation est faite aux filles d’utiliser les téléphones du Dallas, ce qui leur est surfacturé, comme de bien entendu. La visite médicale mensuelle obligatoire, doit être payée par chaque prostitué.

 

Les patrons nient tout

 

Les responsables du club, qui demeurent en liberté après leur présentation au Palais de Justice de Figueres, nient absolument tout esclavage sexuel des filles qui se prostituent au Dallas. Ils assurent que les filles peuvent sortir et entrer quand elles veulent et ils ne savent rien de ce qui peut se passer au dehors avec d’éventuels proxénètes. Ils rappellent que la seule fois ou ils ont eu vent de l’existence d’un proxénète qui faisait chanter les filles, ils l’ont dénoncé à la police, et justement, il s’agissait d’un inspecteur de police, Fermin Marti Rodriguez. La fouille au Dallas a permis de découvrir 100 000 euros en liquide, un pistolet avec son silencieux, un révolver, des munitions, de teasers, quinze couteaux à cran d’arrêt, neuf véhicules, quinze téléphones mobiles, des bijoux, et 2000 mandats vierges permettant d’envoyer de l’argent à l’étranger. Une partie des gains était aussi envoyée à l’étranger grâce à un réseau de chauffeurs d’autobus de ligne qui font le voyage en Roumanie, contre une commission ils transportaient l’argent et quelquefois des filles. Un réseau d’entreprises fantômes leur permettait de blanchir un capital dépassant les 11 millions d’euros. Info. Punt-Avui.

 

 

 

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