Le tribunal de la cinquième chance

Damien est né en 88, la vie n’a pas toujours était drôle pour lui, sa mère l’abandonne quand il a douze ans et son père ne veut pas de lui.

C’est sa tante qui va l’élever, la sœur a sa mère. Damien n’est pas un enfant facile, mais comment en être autrement. La vie n’a pas été généreuse, mais tout basculera encore un peu plus à la mort de son père. Espérait-il qu’un jour ou l’autre, ce père l’accepterait auprès de lui ? Un soir, il va essayer de voler le Renault Espace de sa tante, la seule personne au monde qui a été bonne pour lui sur cette terre. Mais la tata qui avait déjà eu des problèmes de vol, a fait installer sur son véhicule un coupe circuit électrique. Damien dit que c’est en trafiquant les fils qu’il a provoqué un petit incendie, pour cacher son acte, il ne trouve rien de mieux que de finir proprement le travail. Il va mettre un chiffon dans le réservoir d’essence pour effacer ses traces et détourner l’attention des enquêteurs vers d’éventuels  rôdeurs. Résultat, ce n’est pas une, mais deux voitures qui sont entièrement brûlées. Celle de sa bienfaitrice, et celle du malheureux qui avait eu la malencontreuse idée de se garer juste à côté. Où a-t-il appris à incendier un véhicule ? « Je l’avais vu dans la série américaine « Les Experts ». Mais après cela, il ne lui reste plus qu’à fuir, « j’avais tellement honte » confie t-il a la barre. Mais s’il disparaît de son environnement immédiat en Pays Catalan, la justice va continuer à le suivre à la trace. Comme un petit Poucet  SDF, Damien va semer sur ces pas des condamnations au quatre coins de l’hexagone, comme disait un instituteur célèbre. Vol en réunion à Brest, dégradation à Auxerre, vol et port d’arme prohibé à Rennes et un retour case départ, vol à Perpignan. Il n’a assisté à aucun de ces procès, il a toujours était condamné par défaut. Mais depuis le 22 juillet 2006, date des faits pour lesquels il est jugé aujourd’hui, Damien s’est amendé. « Qu’est ce qui nous le prouve ? » demande le président. « Je suis là » répond Damien, c’est un fait, d’habitude il est absent à tous ces procès. Aujourd’hui, il vit à Bordeaux et il a fait le voyage pour en finir avec la justice, payer ce qu’il doit à la société et commencer une nouvelle vie. Et puis, il le dit non sans fierté, il a une petite amie, un travail et « veut faire quelque chose de sa vie ». Trois éducateurs, qui accompagnent cette réinsertion miraculeuse, ont écrit une lettre au tribunal. Ils font confiance à Damien. Puis il y a cette lettre de la généreuse tante, lue à haute voix, par le président du tribunal. Elle a porté plainte, car : «  ce n’est pas parce qu’on a pas eu la vie facile que l’on peut faire n’importe quoi », mais elle demande l’indulgence du tribunal, car son neveu s’est métamorphosé. Il faut lui donner sa chance écrit-elle, et lui montrer que la société peut avoir foi en lui et en ses efforts. Mme Parisot, procureur de la République, qualifiera la lettre de remarquable et voudra aussi, au nom du ministère public, encourager Damien sur cette nouvelle voie qu’il semble s’être tracée. Le tribunal suit le réquisitoire, quatre mois avec sursis. Bonne chance, Damien dans ta nouvelle vie !

Laisser un commentaire