Le « Paradise » ne sera pas obligé de fermer

La Jonquera : une nouvelle alerte à la bombe oblige à déloger un millier de personnes le 1er de l’an.

Le Conseller d’Interior, Ramon Espadaler, équivalent du ministre de l’intérieur pour le gouvernent autonome catalan, a écarté toute éventualité de fermeture préventive de la maison-close, « El Paradise », de La Jonquera.

Avec 80 lits et 150 prostituées, « le Paradise » est le plus grand lupanar d’Europe. Une distinction dont Sonia Martinez, maire deLa Jonquera, se passerait bien, le voisinage de ce genre de commerce, n’est pas de tout repos. Pour les voisins, comme  pour les commerçants de la zone, qui sont obligés de fermer leurs commerces avant que n’arrive la clientèle du sexe à 95% française. Selon la mairesse deLa Jonquera, le type de personnes qui fréquentent ce genre d’établissements, fortement criminogène, arrogant et flambeur, générait trop de conflits et de tracasseries pour les boutiquiers environnants. Ajouter à cela une guerre clandestine à coups d’attentats à la bombe et la coupe est pleine, tant pour le personnel municipal, que pour les villageois.

 Deux attentats, une alerte et une revendication

Le Petit Journal relatait la semaine dernière les deux attentats à l’explosif qu’a subi le dancing en quelques semaines, il faut y ajouter, le premier de l’an, un coup de téléphone anonyme, aux alentours de 23 heures, signalant la présence d’une bombe à l’intérieur du Paradise. Elle devait éclater à minuit sonnante. Il a fallu, à nouveau, que les forces de l’ordre évacuent près d’un millier de personnes. Outre le lupanar, les établissements voisins ont été mis à contribution. En revanche, les clients et le personnel d’un restaurant tout proche, Le Mirador, où l’on se préparait à fêter la nouvelle année, ont refusé d’obéir aux forces de l’ordre et ont continué à célébrer 2013. Ils n’ont pas voulu croire à la fin du monde. Après une vérification des lieux par des spécialistes (Tedex) accompagnés de robots et de chiens, Le Paradise a rouvert ses portes à trois heures du matin.

Une fermeture espérée mais peu probable

Mme le maire ne décolère pas, et assure à ses administrés, qu’elle mettra tout en œuvre pour faire fermer l’établissement, pour se faire, elle promet, une révision entière et totale des permis qui ont autorisé l’ouverture du local, et de rechercher la moindre faille à exploiter pour faire fermer cet établissement de sexe tarifé. Le tout nouveau ministre de l’intérieur dela Généralitat, Ramon Espadaler, a d’ores et déjà fait savoir que malgré la gravité des faits, il ne demanderait pas une fermeture administrative. Il s’est dit partisan d’un dialogue franc et ouvert avec la mairie deLa Jonquera, car « il faut agir dans la légalité », et « il est impossible de fermer un local qui respecte la normative en vigueur en Espagne, pour ce type d’établissement ». Le propriétaire José Moreno a déjà été détenu et jugé par la justice pour des délits en relation avec la prostitution, le non respect des lois sur l’immigration et a été poursuivi pour blanchiment d’argent.

 Une affaire de racket ?

Si les enquêteurs déclaraient, dans un premier temps, s’orienter vers une guerre entre exploitants de maisons closes, ou une guerre pour débaucher les filles de la concurrence, tout porte à croire, aujourd’hui, qu’il s’agirait plutôt d’une banale affaire de racket. Banale, mais prise très au sérieux par les forces de polices, car elle est organisée par des malfrats très déterminés, armés, qui peuvent se révéler très dangereux. La revendication des divers attentats, pour un non règlement de dette de la part de José Moreno, a tout l’air d’être un rappel à l’ordre : «  « Lui sait à qui il doit … (s’il ne paye pas),  nous continuerons a faire exploser des bombes en son négoce et chaque fois d’une puissance plus forte … s’il ne s’exécute pas nous le considérerions comme une déclaration de guerre ». Enfin, une bande qui se déplace à cinq pour déposer une bombe, qui ne fonctionnera pas, ce n’est pas dans les méthodes habituelles du milieu ou du grand banditisme, normalement plus discret et plus prudent, mais surtout plus habitué à utiliser une personne seule, deux à la rigueur, pour ses coups de main. Inutile de risquer tous leurs hommes de mains à la fois. Peut-être a-t-on affaire à une délinquance ethnique, issue de la clientèle du club, compensant sa mauvaise organisation par une détermination et un mépris des risques encourus qui les rend d’autant plus dangereux ?

Laisser un commentaire