Le courage à trois contre un

Nous sommes à Canohès le 24 août 2011. Seule animation du village, c’est le boulodrome, on y traîne parce qu’il n’y a qu’ici que l’on voit du monde.

Il est 22 heures, trois jeunes gens trompent leur ennui en discutant et en regardant les passants. Lorsqu’arrive Sylvain sur son scooter avec sa petite amie. Les trois compères le suivent des yeux, ou regardent sa copine. Le couple fait le tour du boulodrome. Là, les versions divergent, selon les trois amis : « Il nous a regardés ». Le  Président bondit : « Il vous a regardé, la belle affaire et ça mérite une raclée ? » Alors, ils vont expliquer que la jeune fille aurait dit : « Qu’est ce qu’ils ont à nous regarder ces enc… ! » Toujours est-il que Sylvain reçoit un coup de casque sur le front, tombe à terre avec sa vespa qu’il n’a pas eu le temps de mettre sur la béquille. Il est roué de coups de poings et de pieds. Les pompiers sont obligés de venir le chercher et de l’accompagner au Centre hospitalier. Sylvain a eu un traumatisme crânien, il ne se souvient plus du voyage ni de son hospitalisation. Il perdra deux fois connaissance, dont une fois, après être retourné chez ses parents. Comme dans tous ces petits groupes de faux durs de village, il y a un leader, le président semble avoir des informations très défavorables sur lui, transmises sur le procès-verbal de la gendarmerie. Puis il y a les suiveurs et le petit dernier qui s’est bêtement laissé entraîner, c’est le seul qui est allé présenter ses excuses à la victime. Bien qu’âgés d’une vingtaine d’années, ils s’expriment tous trois comme des adolescents qui sortent tous juste de l’enfance. Ils veulent jouer aux adultes et ne s’aperçoivent pas, combien leur attitude est infantile et puérile. Mais tout aurait pu se terminer encore plus mal, martèle Me Costello, l’avocat de Sylvain. Il demande pour chacun d’eux, 5000 euros pour préjudice moral. Me Costelo est l’avocat spécialisé dans la défense des policiers, il défend Sylvain car il est le fils d’un agent du commissariat de Perpignan. Ils sont condamnés tous les trois à trois mois de prison avec sursis. Si durant cinq ans, ils ne commettent pas d’autres méfaits, ils ne les accompliront pas. Ils devront payer cent euros chacun à la victime, pour préjudice moral et mille euros en solidarité, puis 700 euros pour frais de justice.

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