Jean-Luc Dooms, Vice Président du TGI invité à l’Elysée

M. le vice-président du Tribunal de Grande Instance de Perpignan, Jean-Luc Dooms a été choisi pour faire partie du triumvirat de magistrats, invités par le président de la République, François Hollande afin, de débattre de la réforme administrative de la justice.

La réunion a eu lieu à l’Élysée, mardi 23 avril à 18 heures.  Le président de la République avait émis le souhait d’organiser une série de consultations avec des magistrats et des auxiliaires de justice, afin d’avoir une approche, de vive voix, des nécessités et des attentes des magistrats. Le président désirait surtout voir aborder des thèmes précis comme la notion d’indépendance, le mal endémique de la récidive ou le statut des juges. Mais, aux dires du président Jean-Luc Dooms, l’entrevue a permis une grande liberté de parole, ouverte aux thèmes chers aux magistrats. Notamment, la frénésie législative qui règne en France, en 260 semaines, 230 nouvelles lois ont été votées. La France légifère à tout vat et nombre de lois sont faites en fonction des thèmes les plus populaires du Journal de 20 heures. Enfin, comment rétablir l’image du magistrat dans la société et mettre en évidence son statut de lien social, le rôle primordial du juge pour pérenniser le vivre ensemble. Lorsqu’il y a rupture de liens familiaux, différents groupes humains et jusqu’aux simples querelles de voisinage qui tournent mal, celui qui doit rétablir ces liens, ou qui doit empêcher que le conflit ne prenne des dimensions dramatiques, c’est le juge.

 Un juge atypique

Le vice-président Jean Luc Dooms siège au tribunal de Perpignan depuis septembre 2009. Il avait été auparavant et pendant cinq ans président du Tribunal de Grande Instance de Beauvais. Ses bons mots, son humour, ses colères et ses préoccupations sociales font de lui un juge atypique et fortement apprécié par l’ensemble du personnel du Palais de Justice. Tant par ses confrères du siège, du parquet et de l’ordre des avocats. Des professions qui très souvent s’affrontent dans l’enceinte du tribunal, mais qui s’accordent toutes pour reconnaître en Jean Luc Dooms, un juge d’excellence. Charmant et charmeur, il a toujours un mot aimable pour l’ensemble du personnel du Palais de Justice, des femmes de ménage, au personnel de sécurité, des traducteurs et de l’escorte policière. Tous sont unanimes pour chanter ses louanges. Mais Jean Luc Dooms sait aussi entrer dans des colères aussi explosives que brèves. Aussi bien, il peut être se montrer particulièrement prévenant avec les petites gens amenées à la barre par les hasards de l’histoire, autant, il ne peut admettre le moindre manquement au respect de sa fonction et du tribunal en général. Un portable qui sonne dans la salle d’audience est tout de suite accueilli par un tonitruant : « Le titulaire de ce téléphone, sortez immédiatement » ou alors « Si votre secrétariat est plus important que le tribunal correctionnel : Dehors ». Pas le moindre manquement à la politesse ou à la tenue n’est toléré lorsqu’il siège. Grand amoureux de la langue française, il s’exprime toujours en un français châtié, alternant citations littéraires et latines. Il ne supporte pas que les téléphiles ou télépathes s’adressent à lui en utilisant des titres judiciaires pêchés dans les séries américaines. Aux « Oui, votre honneur ! » est toujours répondu sur un ton agacé : « Laissez mon honneur tranquille ! ».

Grand mélomane et fervent Usapiste

Ces bons mots, remarqués partout où il a exercé, font le régal des journalistes et du personnel judiciaire : «  En amour c’est toujours celui qui dit non qui a raison », « Le mensonge est un droit fondamental de la défense », « les coups sont toujours moins douloureux pour celui qui les donne que celui qui les reçoit » et contre la climatisation qui fait trop de bruit : « Ici, il faut choisir entre le bien-être et les droits de la défense ». M. le vice-président Jean Luc Dooms est un grand juge, comme il y a des grands maîtres du barreau. Moins médiatisés sans aucun doute, mais tout aussi important pour que la justice s’applique au mieux. Il a été choisi parmi 8300 magistrats que comptela France, pour exposer les espoirs et les craintes de la profession. Ce n’est pas par hasard. Espérons pour la justice à Perpignan qu’il ne sera pas appelé vers d’autres cieux plus prestigieux. Une chance pour nous, l’Usap qu’il va souvent voir jouer à Aimé Giral et dont les résultats influencent souvent ses humeurs du lundi matin et la douceur de vivre à la catalane qui l’a profondément séduite. Avec son épouse, Elisabeth Dooms, ce sont de très grands mélomanes, n’hésitant pas à parcourir des centaines de kilomètres pour assister à un concert, grands amateurs du Théâtre de l’Archipel, tout autant que du Liceu et du Palau dela Mùsica de Barcelona. Cette année Mme Elisabeth Dooms a pris la direction du Festival de Musique sacrée de la ville de Perpignan. Ce fut une réussite totale.

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