Délit de fuite

Toufik est au volant de la voiture de sa sœur, il transporte une copine et un copain. Ils viennent de terminer une soirée entre amis dans un appartement. Toufik est celui qui n’a pas bu, ou très peu et il a pris le volant. Ce serait très bien, si Toufik avait le permis.

Arrivé devant le café Figueres, ils s’arrêtent juste derrière une voiture de la police municipale qui attend à un feu rouge. Le copain qui ne conduit pas va actionner le klaxon, ce qui attire l’attention des policiers sur eux. Le feu passe au vert, tout le monde continue sa route et Toufik double les policiers. Mais à l’angle de la rue Foch et du Boulevard Mercader, un autre feu rouge va les réunir. Les policiers demandent à Toufik de garer la voiture sur le trottoir, ils veulent procéder à un contrôle. Contrôle que rien ne justifie, répétera plusieurs fois l’avocate de Toufik. Les policiers encerclent la voiture et appellent des collègues en renfort, car ils n’ont pas d’éthylotest pour procéder au contrôle. Ils sont maintenant quatre policiers autour du véhicule, Toufik donne le nom d’un copain qui a le permis. Puis, malgré la présence des policiers, il fonce et fuit en remontant Mercader. Deux policiers appuyés sur la voiture seront légèrement blessés. Maintenant, ce sont deux voitures qui prennent en chasse Toufik et ses amis. Il tourne à vive allure rue de rois de Majorque, traverse Marcelin Albert et se retrouve dans une impasse. Toufik laisse ses copains à qui il a recommandé de donner le faux nom du vrai ami et fuit en courant se cacher dans un immeuble. Le copain est menotté et les policiers continuent la course à pied et trouve Toufik caché dans un cagibi sous un escalier. Ce n’est pas terminé, il ne s’estime pas vaincu et va se démener comme un beau diable et infliger encore deux blessures légères à deux autres policiers municipaux. L’un deux arrive à placer une menotte à une main, mais Toufik se démène et semble vouloir l’utiliser comme poing américain. Ce qu’il niera par la suite. Alors, un policier sortira un teaser et enverra deux décharges électriques sur Toufik, qui parlera de quatre, mais les médecins ne découvriront la trace de deux brûlures à l’épaule et à la cuisse. Au début de sa garde à vue Toufik va maintenir sa fausse identité, pour après se rétracter. « Pourquoi cette résistance acharnée ? » demande la présidente Mme Dechaud. « J’ai un petit frère malade, j’ai perdu la raison, je regrette ». La raison est très certainement autre, Toufik a comparu le 16 mai devant le même tribunal pour une autre affaire de violence avec arme, cette fois, et à été condamné à trois mois de sursis. Il est en état de récidive légale et une peine plancher de un an est possible. Pourtant, Toufik n’a pas le profil habituel des clients du tribunal, il est étudiant, bon élève, son avocate assure que sa garde à vue lui a servi de leçon. Deux policiers ont eu un jour d’ITT, les deux autres deux jours. Pour les premiers, l’avocate de la partie civile, Me Magali Roig, demande 1000 euros et pour les seconds, 2000 euros pour préjudice moral.

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