Contre la « cabanisation » du Pays catalan

La « cabanisation » s’étend sur tout le littoral lagunaire, jusqu’à la Camargue. « Cabanisation », dans le jargon administratif, c’est l’urbanisation illégale. Le « Baraquisme » est un catalanisme employé en Roussillon. En Pays catalan, elle colonise aussi l’arrière-pays, les garrigues, les bords des rivières.

Une personne achète un terrain, un morceau de jardin, puis y installe un Mobil home, construit une dépendance et, si aucune intervention municipale n’est prise, c’est une villa. Certaines sont entourées d’un véritable dépotoir. D’un propriétaire à l’autre, on se donne des tuyaux permettant de gruger l’administration, de gagner du temps.  Où commencent la liberté des uns et la nécessaire conservation du territoire ? Est-ce la précarité qui pousse une frange marginale de la population à vivre de cette façon ? Certains propriétaires vivent et travaillent dans de grandes villes et ne reviennent habiter leur baraque que l’été. L’administration est très lente, une baraque est démantelée et ce sont cinq nouvelles qui se sont construites entre temps.

Un fléau relativement récent pour les municipalités du département.

L’attrait touristique, la précarisation, poussent des personnes à acheter ou squatter un petit terrain et à y installer des abris précaires, sans sanitaires, pour y vivre à l’année ou en période estivale, ce qui est totalement interdit. Certaines communes comme Ortafa mettent tout en œuvre pour y mettre fin. Un des arguments des prévenus, pour ce non respect des droits de l’urbanisme, est de déclarer à la barre : «  Il y a beaucoup d’autres personnes qui font comme moi et je suis la seule poursuivie ». Le procureur de la République, Benjamin Danlos répétera deux fois lors de son réquisitoire : « Vous me faites une lettre adressée au tribunal de Perpignan, avec votre nom et adresse, car les lettres anonymes passent toutes à la poubelle, vous décrivez les faits et je vous assure que le parquet enquêtera pour vérifier si le délit est avéré ou non, s’il l’est et que rien n’est fait pour remettre les terrains en l’état, la machine judiciaire se mettra en place pour que ce soit respecté ». Normalement, explique-t-il, la police municipale intervient et donne un délais pour régulariser la situation, ce n’est qu’ensuite, qu’il y a une procédure du parquet qui est enclenchée avec visite à la personne, puis vient un deuxième délai et une deuxième mise en demeure de régularisation, enfin si rien n’est fait entre temps, il y aura procès avec comme résultat probable un ordre de remise en état du terrain, sous astreinte journalière.

Une nouvelle source de revenus, la cabanisation en location estivale

Le cas de M. Ropéro est bien particulier, il a acheté un terrain déjà aménagé, avec quatre habitations et un raccordement à une fosse septique. Il loue une habitation à l’année et les trois autres au moment des vacances. Il est persuadé d’en avoir le droit puisque tout été fait avant qu’il en devienne acquéreur. Problème, elles sont déclarées comme des annexes, c’est-à-dire de simples remises. Difficile de les laisser en location. D’autres propriétaires de terrains, bien décidés à profiter de la manne locative en zone touristique, attendent avec impatience le résultat du jugement, avant d’aménager leur terrain en mobile-homes. Dans un département ou l’agriculture est sinistrée, il existe beaucoup de petits propriétaires qui seraient intéressés par faire de même. Deux plaintes ont été déposées contre M. Ropéro, la première pour mise à disposition des cabanes aux campeurs, le tribunal a déclaré la nullité de la citation, la seconde, pour construite sur une zone inondable, le tribunal a déclaré qu’il y avait prescription. Mais la mairie d’Ortaffa est bien décidée à faire appel, de peur de voir son territoire communal se couvrir de baraques insalubres destinées à la location. M. le maire devra reformuler la plainte pour qu’elle soit recevable.

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