Ce que l’amour a détruit, l’amour peut le reconstruire

Père et fils, ils sont à la barre du tribunal, poursuivis pour détention et usage de stupéfiants. Ils cultivaient à Montescot, pour leur usage personnel, mais, le fils, ne rechignait pas à « dépanner » quelques copains. Problème, pour la justice, commerce et session de produits illicites, pas de différence, les peines sont les mêmes.

 

Jacques, le père, a 52 ans, des bras de déménageur décorés de tatouages, le fiston, Jonathan, a 22 ans et comme son papa, depuis l’âge de seize ans, il fume de l’herbe de cannabis. Il achetait un peu, jusqu’à ce qu’il se décide, pour sa consommation personnelle, de se lancer dans l’agriculture,. Il commence par semer dans un champ abandonné, à côté de la maison. Il fera sa première récolte en 2010. Puis, avec l’accord de son père, il plantera, l’été, dans leur jardin et, en hivers, dans des serres aménagées à l’intérieur de la maison. « Un père devrait faire la morale, non ? Vous fournissiez l’eau, l’électricité et en échange vous fumiez quelques joints » lui fait remarquer le président. « Je reconnais mes torts, j’ai préféré qu’il fasse cela à la maison que n’importe où ». Réponse du président : «  Drôle de conception de l’éducation et de la justice ». Le papa a déjà eu, par le passé, affaire à cette même justice, une condamnation pour violence aggravée en deux circonstances. Jonathan affirme qu’il ne vend pas, il dépanne. De toute façon, ces deux clients réguliers déclarent que sa récolte était de mauvaise qualité. Un des deux lui donnait dix ou vingt euros par semaine. « Il en avait toujours, déclarera-t-il, quand il n’en avait pas, il disait de repasser plus tard, il en trouvait toujours ». Le petit commerce, ou dépannage, comme il est courant de le nommer, était assez discret pour durer ainsi pendant des années. C’était sans compter l’ex-petite amie de Jonathan, qui fut un temps logée, avec lui, chez son consommateur de père. L’idylle dut très mal se terminer, car la rancunière fit des photographies des plantations intra-muros, qu’elle livra à la gendarmerie. Résultat, une perquisition qui permit de découvrir, sept pieds de cannabis, vingt-deux pots de semis, une serre contenant neuf plantes sur pied, des boîtes de graines, une balance de précision, soit trente-huit plants de cannabis et des sacs de congélation avec des résidus d’herbes. En verve de confidences, l’ex, le dénonce même d’aller vendre au lycée Charles Blanc. Sommés de s’expliquer, les deux hommes promettent qu’ils ont arrêté, que cette aventure leur a servi de leçon. Mais Jonathan va plus loin, enthousiaste, il explique qu’il a une nouvelle petite amie qui lui a interdit de toucher à « ça », ce sera elle ou le shit ! Il est visiblement très heureux de cette situation, cherche un emploi et un appartement pour avoir une vie normale. Il est visiblement très amoureux, comme on peut l’être à vingt-deux ans. Faut dire que la nouvelle copine, qui l’attend dans la salle, est vraiment très jolie. « Gardez là » lui dit le président. Pour une détention de stupéfiants, le maximum est dix ans la première fois et le délai de récidive est de dix ans, non respecté, elle peut-être punie de vingt ans maximum de réclusion. Père et fils sont condamnés à quatre mois avec sursis, huit cents euros d’amende et 90 euros pour frais de justice.

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