Accusé du viol de sa fille handicapée

Le 26 février, Maryse jeune fille handicapée va se présenter à la gendarmerie de Saint Pons, elle est accompagnée de sa sœur Agnès. Elle vient dénoncer un viol, commis par son père et dont elle a été victime, lorsqu’elle vivait chez lui à Béziers.

José Gaudy n’en est pas à son coup d’essai, il a été condamné deux fois pour avoir eu des relations sexuelles avec des mineures dont une avec sa fille Maryse. Comment cette famille, dont tous les membres, sans exception, connaissaient ses penchants et savaient qu’il pouvait passer à l’acte, a pu accepter que Maryse aille vivre quelque temps chez lui, dans ce minuscule studio, qu’il louait à Béziers. Il n’y a qu’un lit, un clic-clac, père et fille y dormaient ensemble. Cela ne choquait personne. Tous savent que la passion de José Gaudy, la seule qu’ils lui connaissent, c’est de photographier des petites filles pré pubères, partout, dans la rue, à la plage, de sa fenêtre. Des centaines de photos volées, qu’il range dans des classeurs. Maryse souffre d’un problème cutané, sa sœur Agnès va la confier à son père, avec une pommade, qu’il faut lui appliquer sur les boutons qu’elle ne peut atteindre. Alors qu’ils vivent tous les deux, depuis bientôt deux mois et en parfaite entente et respect, ce massage va réveiller chez José Gaudy, ce qu’il appelle : ses « pulsions irrépressibles ». Il va raser le pubis de sa fille, soit disant pour mieux atteindre un bouton, puis il introduira un doigt dans son vagin. Maryse dénoncera aussi une tentative de pénétration sexuelle non aboutie. Que lui nie absolument. Il reconnaît tout le reste, mais déclare que depuis ses deux opérations de la prostate, il est impuissant. Il sait parfaitement qu’aux yeux de la loi, la pénétration avec le doigt est suffisante pour qu’il y ait eu viol, reconnaître ensuite une pénétration sexuelle, n’aggrave en rien la condamnation dont il est passible. Il le sait, dit être désireux de dire toute la vérité, mais ne reconnaît pas cet acte manqué. Alors, José Gaudy, accuse sa fille Agnès, la sœur de Maryse, de l’avoir manipulée, d’avoir ourdi un méchant complot contre lui, pour accéder à un héritage important dont il sera, bientôt, le seul bénéficiaire dans la famille. Il dénonce les mauvais traitements de son père, qui l’a battu quand il était enfant, qui l’a toujours tyrannisé, même une fois adulte, et explique qu’il battait régulièrement sa mère. José parle de ce qu’elle appelait par pudeur  « ses bouquets de violettes », en fait les yeux au beurre-noir, qu’elle arborait plus souvent qu’à son tour. Puis il racontera ses années de SDF, son alcoolisation systématique avec sa première épouse, pendant toutes ses années de rue.

 Sa fille Maryse

La mère de Maryse a toujours dit que Maryse n’était pas de José Gaudy, bien que lui soit persuadé du contraire. C’est une enfant dans un corps de femme de 33 ans, handicapée à 80%, elle est attachante, souriante et sa tutrice dit qu’elle est toujours en demande d’affection. Lorsqu’elle dit au président du tribunal « Vous, vous êtes gentil », le magistrat fond. C’est vrai, que malgré son handicap, elle a un côté charmeur, lorsqu’elle fait un petit au revoir de la main aux jurés, ils répondent tous de la même façon avec de grands sourires. Elle a des notions du bien et du mal, comprend que ce que lui a fait son père n’est pas bien. Mais ne comprend pas tous les tabous sexuels de notre société. Ce dont certains hommes n’hésitent pas à profiter. L’ex-mari de sa sœur Agnès, par exemple. Pendant qu’elle vit avec son père, pendant ses premiers mois de bonheur, il lui apprend à écrire son nom, à faire du café, à nettoyer la pièce qu’ils habitent, toutes choses qu’elle n’avait jamais apprises à faire. Elle trouve qu’elle est très bien avec son papa, elle veut l’épouser et avoir un enfant de lui. Puisque c’est ce que tout le monde fait autour d’elle, lorsque qu’il s’aime. Elle se confie à sa sœur, et malgré cela, cette dernière va encore lui permettre de retourner vivre avec son père. Nonobstant ses condamnations passées pour agressions sexuelles sur mineures de moins de quinze ans, ses deux petites nièces, filles de ses enfants plausibles ou supposés. Que dire de cette sœur qui, une nuit, a mis Maryse seule dans un train pour Paris ? Tout aurait pu lui arriver. Cette sœur ou tante qui a eu quatre enfants, tous placés dans des familles d’accueil et dont seuls deux sont retournés, depuis, vivre avec leur mère. José Gaudy, écrase une larme de tant en tant, ce n’est pas de la comédie, il le fait le plus discrètement possible. Ces dernières paroles au tribunal seront pour demander pardon à sa fille. Il doit l’aimer cette fille. Son avocate Me Sylvie Bar, du barreau de Béziers, en est persuadée. Mais l’aimer à la façon étrange et souvent contre nature que pratique une bonne partie de cette étrange famille.

L’avocat général Patrice Deville va demander entre 10 et 12 ans de réclusion, exactement ce qu’il avait demandé en première instance. La cour était allée au-delà, condamnant Gaudy à 14 ans de prison.

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