Accident mortel à Saint Feliu d’Avail

Une soirée entre copain et copine, le plaisir absolu. Plus tard les meilleurs souvenirs de notre jeunesse, mais pour Mickaël, vingt-deux ans, ce sera toute sa vie un cauchemar. Le jour où est mort son meilleur ami.

C’est une succession d’imprévus qui vont conduire au drame. La veille, Ariel*, 17 ans au moment de fait et qui vit en Salanque, dort chez son copain Mickaël. Ce sera plus près de leur lieu de fête. Car le lendemain, le frère de Mickaël doit les accompagner en voiture chez un autre ami, à Millas, pour une soirée entre garçons et filles. Première déconvenue, le grand frère, ne peut les accompagner, ils s’y rendront avec le scooter de Mickael, c’est lui qui conduit, ils ont leur casque sur la tête. À Millas, la fête bat son plein, ils sont sept, boivent un peu, mais pas trop. Ariel prend trois verres de vodka, Mickaël un seul. Il avoue « avoir tiré sur un joint », mais les résultats d’analyse son négatif, en revanche, ils révèlent 217 ng/ml de cocaïne dans les urines. Il dit ne pas en avoir touché ce soir-là. Ce qui est possible, les tests peuvent révéler d’anciennes traces. Mickaël reconnaît être un consommateur régulier de cocaïne et de haschich, depuis l’âge de seize ans. Mais depuis l’accident, il n’y touche plus. La soirée bat son plein, puis, comme dans la chanson de Jean Ferrat, les filles veulent aller au bal, en fait en boîte, à Canet. Pour Mickaël et son copain, leur hôte n’en est plus un, tous deux devaient dormir sur place, mais le copain veut accompagner les filles et ne veut laisser personne dans la maison vide. Mickaël et son ami se retrouvent à la rue. Ils disent ce qu’ils pensent de ce manque de fidélité à la parole donnée, mais doivent repartir en scooter. Lors de la traversée de Saint Feliu d’Avail, la roue avant glisse sur les pavés. Pour redresser Mickaël se penche côté droit, mais surpris, son passager le fait, côté gauche, la moto va tout droit, et s’écrase sur l’angle d’un mur d’une maison. Les passagers avaient tous deux posé leur casque sur leur tête, sans l’attacher. Le passager le perd au moment du choc, il reste inanimé sur le sol. Mickael, d’abord lui tapote la joue, l’appelle plusieurs fois, puis hurle, crie pour demander du secours. C’est son meilleur ami et il a compris que c’était grave. Ariel, seize ans, va rester trente-deux jours dans le coma sans pratiquement reprendre ses esprits. Une torture pour la famille et pour Mickaël, à la suite de quoi, le gamin va décéder d’une hémorragie cérébrale. Ce soir-là répète Mickaël, j’étais en état de conduire, malgré le drame, il en est persuadé, encore aujourd’hui. Mais, depuis, il n’a plus touché de véhicule à moteur. Mickael travaille, il est électricien et sans voiture c’est très compliqué, mais il confie : «  Depuis, j’ai peur de reprendre la route ». Son avocate va plaider qu’il ne conduisait pas sous l’emprise de la cocaïne, c’était des traces anciennes … sinon c’était la cour d’Assises. Reconnu coupable Mickaël est condamné à quinze mois avec sursis et une interdiction de passer le permis de conduire pendant un an. Le juge lui dit qu’ils ont tenu compte d’une absence de casier judiciaire, qu’il travaille et qu’il avait perdu son meilleur ami, punition, déjà bien sévère.

* Le nom du mineur a été changé.

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