Montescot : rouée de coups par son protégé

Le milieu SDF est souvent au centre de crimes horribles. Le dénuement le plus complet et les abus d’alcool sont un cocktail explosif. Des années de galère ont parfois fait perdre le mince vernis de civilisation qui nous permet de vivre en société. L’individu se replie sur ses propres colossales misères et perd toute empathie. Trop souvent, ils s’en prennent à ceux-là mêmes qui leur venaient en aide, un geste qu’ils prennent plus pour de la faiblesse à exploiter, que pour un humanisme, que leur monde a pratiquement oublié.

Le 26 août 2011, Mme Letin est retrouvée nue, allongée sur le carrelage de sa chambre à coucher. Elle a été rouée de coups, deux à trois jours avant, signale le médecin, et il rajoute cette phrase terrible : «  Tout son corps est réduit à l’état d’ecchymose ». Elle est bleue de la tête au pied. Elle a des côtes cassées. La personne qui lui a fait cela, s’est acharnée sur elle, alors même qu’elle avait perdu connaissance. À son réveil, ses propos sont décousus, elle a du mal à décrire son ou ses agresseurs et veut visiblement en protéger un, le dernier qui a été vu en sa compagnie. Puis, quelques mois après, elle reviendra sur sa déclaration et accusera Fabrice Meckès d’être l’auteur des tortures, il n’y a pas d’autres mots, qu’elle a subies. Mme Letin traverse une très mauvaise période. Son mari, gendarme, l’a quittée et elle a sombré dans la boisson. Pour tromper sa solitude, et par bon cœur, elle vient souvent à l’aide de SDF qui font la manche sur la place de Montescot. Elle les invite chez elle et leur offre le couvert et parfois le gîte, sur le canapé du salon. Fabrice Meckès est l’un de ceux-là. Le soir du drame, il était chez elle. Ils ont, tous deux, énormément bu, se sont disputés et se sont frappés mutuellement. Meckès reconnaît avoir giflé son hôte, et, toujours selon lui, celle-ci très avinée, serait tombée sur une table basse et se serait fait mal. Mais il n’aurait pas donné d’autres coups et l’aurait aidé à se relever, « en la tirant par les cheveux », puis à se coucher toute habillée et il serait parti aussitôt. Ce qui est indéniable, c’est qu’il est bien parti, puisqu’il a pris les clés de la maison et la voiture Susuki de madame Letin et a disparu. Dans cette voiture, il dit avoir trouvé son sac à main. Le laisser là, n’était pas très prudent, puisque le véhicule, passait la nuit dehors, garé devant la maison. Toujours est-il, que Mecklès découvre permis, carte verte, carte grise …. et, surtout, la carte bleue de Mme Letin, qu’il va utiliser dans un Carrefour pour acheter 4000 euros de marchandise, puis il utilisera à nouveaula CBà Château-Thierry. Les gendarmes ont découvert dans le jardin de Mme Letin, un vélo, utilisé habituellement par Voltchek, un Polonais, un autre SDF, qu’hébergeait parfois Mme Letin. Voltcheck a disparu depuis. Fabrice Mecklès va se raccrocher à cette découverte pour dire que d’autres personnes ont pu venir après lui et taper sur Mme Letin. En quelque sorte, finir le travail, que lui-même, avait bien commencé. Problème, personne ne peut dire depuis combien de temps ce vélo traînait là. Dans la maison, outre les empreintes de Mme Letin, il n’y avait que celles de Fabrice Meckès. Les SDF mettent rarement de gants pour commettre leurs méfaits et rien d’autre n’a disparu, à part ce que Mecklès a emporté. Fabrice Mecklès avait été jugé par défaut en première instance, et condamné à quatre ans d’emprisonnement. Retrouvé en Vendée, il avait été incarcéré aussitôt. Il a, depuis, fait appel, ce qui lui vaut ce nouveau procès devant le tribunal de Perpignan. Mme Letin est la grande absente, car elle est décédée, le 7 décembre, juste au lendemain de la première audience. Alors que tout semblait s’améliorer pour elle, puisqu’elle vivait à nouveau avec son mari, elle aurait succombé à un coma éthylique. Peut-être provoqué à la suite du procès, car elle culpabilisait terriblement.

Le vélo découvert, les premières déclarations confuses de Mme. Letin, vont, sans doute, jouer en faveur de Fabrice Mecklès. Il sera reconnu « partiellement coupable » et condamné cette fois à deux ans de prison dont six mois avec sursis et coupable aussi d’un abus de confiance puis condamné à une obligation de travailler et à soigner ses problèmes d’alcool, enfin à 1000 euros de dépôt pour une expertise sur document de l’état de Mme Letin.

 

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