La Costa Brava paradis des Mafias

C’est le lieu privilégié de villégiature de la grande délinquance, un climat tempéré, la possibilité d’acheter presque tout au noir, et notamment l’immobilier. Une police et une justice qui jusque là était peu regardante, tant que les délits n’étaient pas commis sur son sol. La Costa Brava est devenue un repère de toutes les mafias internationales. En 2010, à Platja d’Aro et Empuria Brava a eu lieu l’arrestation de chefs de bandes du Milieu français pour trafic de drogues et d’armes.La Catalogne est devenue en quelques années la plaque tournante des trafics de drogues internationaux. Le haschich d’Afrique du nord, bien sûr mais aussi la cocaïne acheminée par les réseaux, plus ou moins protégés par Al Qaida, à travers l’Afrique. Les parkings de La Jonquera sont devenus les hyper-marchés de la drogue pour toute la jeunesse française de Toulouse jusqu’à Marseille.La Mafia italienne s’est aussi établie sur les terres de Gérone qui par bien des points peut rappeler la Sicileou le Naples, le climat, la culture, c’est-à-dire, l’Italie des jeunes années des mafiosos. En Août 2008, était arrêté le Capo Patrizio Bosti à Platja d’Aro. Il était considéré par la justice italienne comme l’un des 30 criminels les plus recherchés.

 La mafia russa

Plusieurs clans criminels russes se sont aussi établis sur la Costa Brava. Wikileaks a publié des documents confidentiels américains qui trahissaient la préoccupation des agences de renseignements américaines qui avaient remarqué la très forte présence des mafias russes établies sur la côte catalane en l’absence de tout contrôle, de la part des autorités espagnoles, sur les mouvement d’argent qui s’y effectuaient. La mafia russe ou mafia rouge, s’est spécialisée dans l’immobilier, non pas en rançonnant, mais en s’associant avec aux structures locales déjà existantes. La capacité financière presque illimitée des mafias, leur donne les moyens de soudoyer des professionnels, politiques ou fonctionnaires, déjà habitués à travailler de façon plus ou moins délictueuse.

 Opération contre la mafia russe à Lloret de Mar

Le 23 janvier, à Lloret de Mar,la Guardia Civil a arrêté six personnes, membres ou proches de réseaux de la mafia russe qui blanchissaient l’argent sale sur la côte catalane. Un des détenus, Semion Mogilevich, serait un des dix criminels les plus recherchés par le FBI des Etats-Unis. Les organisations criminelles impliquées, Solntsevskara et Solomonskaya, seraient parmi les plus puissantes au monde. Andrei Petrov, un des parrains tout autant recherché, aurait été capturé dans le coup de filet visant tous les milieux de négoces de type financiers et immobiliers de la ville. La mairie était aussi perquisitionné par les forces de police. Petrov avait créé de très nombreuses sociétés et entreprises et avait infiltré tout le tissu économique et social de Lloret de Mar. Sa secrétaire Jessica Holguin, le président du Club Hoquei Lloret, Joan Lluís Perarnau, l’architecte Pilar Gimeno et sa sœur Teresa, ainsi que le beau-frère de Pétrov, Constantin Mischanin, considéré comme le numéro deux de la bande ont aussi été arrêtés et le lendemain la police allait interpeller, Josep Valls, adjoint du maire actuel. L’ancien maire de Lloret de Mar, Xavier Crespo, est très fortement soupçonné de s’être laissé corrompre. Il aurait profité des largesses de Petrov notamment en se rendant plusieurs fois en Russie au frais du présumé mafieux. Le groupe délictueux aurait investi 56 millions d’euros à Lloret et ses environs, en restaurants, commerces, pompes à essence et sociétés immobilières.

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