Violence au centre de rétention administratif

Mouad est né à Constantine en Algérie, il a dix-huit ans, sa mère vit à Marseille et son père est incarcéré en Algérie, mais son casier judiciaire, malgré son jeune âge est déjà long comme un jour sans pain, six condamnations en quatre ans, ce qui a décidé les autorités françaises de le renvoyer dans son pays d’origine.

 

Il est enfermé au Centre de rétention administratif, lorsque le 19 décembre 2012, dans la salle de télévision, avec ses codétenus, ils manifestent l’envie de voir un programme: « Deux heures avant la fin du monde ». Pour une raison demeurée obscure, les gardiens ne voudront pas qu’ils regardent ce programme et leur en impose un autre. Première révolte, les téléspectateurs s’en prennent à la pauvre télé, qui n’y pouvait rien. Ils jettent des cailloux sur l’écran allumé et contre le programme qui ne les intéressait pas. Heureusement, ce type de manifestation est assez fréquent et le téléviseur est protégé par un grillage. Alors, tout le monde est renvoyé à ses appartements. Au passage ils s’en prendront aux douches du bâtiment 5 et détruiront des toilettes et des robinets. Ils arrachent des portes. Les policiers voient le détenu et aujourd’hui prévenu, jeter une grille en fer sur une fenêtre. Les policiers tentent de l’arraisonner, ce qu’ils arrivent à faire, et de le raisonner, ce qui est impossible. Ils sont accueillis par toutes sortes de mots fleuris : « va niquer ta mère ! », et quelques menaces que le prévenu niera en bloc : « Sale Bâtard, si tu viens à Marseille, tu baisseras la tête, je te ferai la peau, je viendrais à Perpignan pour te retrouver, tu seras ma vengeance, je vais te désosser, sale Français de m., on prend vos femmes et on vous enc. ». Ce n’est, non seulement pas très gentil, mais aussi un peu difficile à comprendre et à suivre surtout sur la fin. Son savoir sur les secrets de l’amour semble aussi réduit que son vocabulaire. Mouad n’a pas l’impression qu’il ne reverra pas Marseille et pourtant. Son casier ne laisse pas le choix, il a eu droit à tous les aménagements de peine, possibles et imaginables, il avait été arrête outre pour d’autres affaires d’outrages à personnes détentrices de l’autorité judiciaire, pour violence, vol aggravé, escroquerie, recel. Le procureur remarque que le tribunal aussi en a pris pour son grade, puisqu’il a été relevé aussi un : « Justice de M. ». Ce seront six mois de détention avant sa reconduite à la frontière et son interdiction à revenir sur le territoire français.

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