« Tu vas me mettre en prison, et faudrait que je ferme ma gueule ? »

Il n’a pas l’air bien méchant avec ses 43 ans grisonnant, sa petite taille et ses frêles épaules, pourtant l’escorte renforcée qui occupe toutes les issues du tribunal semble prouver le contraire.

 

 

 

Le 16 décembre, aux alentours de 22 heures, la police est appelée à intervenir, deux véhicules ont été fracturés, sur place, la patrouille va découvrir une personne défavorablement connue des forces de police, Christophe Meignen. Aussitôt, celui-ci, accueille, le policier, par un « Enc. De flic » et la policière par : « Sal.. et grande pu. ». Si, être interrompu en plein travail peut avoir un petit côté agaçant, rien ne peut excuser un langage un peu trop fleuri, mais les policiers vont très vite se rendre compte que même à froid et quelques heures plus tard, leur présumé coupable va continuer à s’enflammer. Il va insulter tout ce qui passe à sa portée. Lors de la visite médicale, Meignen va s’emparer d’un marteau à réflexe, d’un stylo cassé et de quelques seringues souillées pour menacer le docteur et l’empêcher de sortir. Les policiers vont devoir intervenir et arraisonner le prévenu. Lorsque le mardi après-midi, il sera présenté au parquet, il insultera la procureur dela République, Mme Jalade, et en quittant le Palais de justice, il tentera d’arracher un extincteur de son support mural.

 

 

Ce mercredi matin, en comparution immédiate, il se tient très droit sur le banc des prévenu, un policier et son avocat lui disent, tour à tour, qu’il peut s’asseoir : « Je suis bien debout » répond-il. Visiblement, il veut toujours en découdre. La présidente du tribunal, Mme Déchaud commence par lire son casier judiciaire. Il est assez impressionnant, cinq ou six vols par escalade, presqu’autant de vols aggravés, recel, usage de stupéfiants, rébellion, destruction de biens, escroquerie, usage de faux chèques, puis à Figueres, une résistance et désobéissance au policier de la Generalitat … Il est sorti des prisons françaises, le 20 novembre dernier, et était encore sous contrôle judiciaire au moment des faits, ce qui le rend passible de la peine plancher. Pour l’heure, Mme Déchaud lui rappelle qu’il est accusé d’avoir dégradé deux véhicules afin de voler ce qu’il y avait à l’intérieur, d’outrage envers les policiers, l’un d’eux sera représenté par l’avocat François Parrat, qui c’est fait une spécialité de défendre les forces de l’ordre, enfin, il est accusé de menace et séquestration du médecin. La magistrate lui demande s’il accepte d’être jugé en comparution immédiate. Il refuse et signale qu’il a, lui-même, porté plainte contre deux magistrats et que : « … dix policiers lui sont tombés dessus ». Il est sans domicile fixe et vit dans un foyer à Céret. Il tutoie la présidente du tribunal : « Tu vas me mettre en prison, je vais pas fermer ma gueule? Je suis innocent, je suis accusé d’un vol que je n’ai pas commis, ça faisait dix jours que j’étais sorti de prison, j’allais pas me mettre à voler ! ». Mme Déchaud aura beau lui demander de ne pas la tutoyer, il continuera à le faire. C’est le procureur général, M. Achille Kiriakidès, en personne qui est venu représenter le parquet en solidarité avec les deux parquetiers qui ont été insultés. Il requiert son maintien en détention. Son avocat, Me Sevki Akdag, réclame une expertise psychiatrique. Le tribunal décide son maintient en détention et le renvoi de son procès pour lui permettre de préparer sa défense.

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