Réglement de compte à OK-Perpignan

 

Comment deux amis d’enfance, qui se sont connus au lycée Arago, en sont venus à régler leurs affaires à coups de feu? Deux versions, s’affrontent, dans l’une, la plus crédible aux yeux et oreilles du tribunal ne fait état de coups de feu, que de la part d’une seule des parties en conflit, l’autre n’aurait fait que les subir sans riposter.

 

 

 

Zakari comparait détenu. Ce qui est sûr, puisqu’un enregistrement et des témoins l’attestent, il est vraiment l’auteur de coups de feu contre son ancien ami Yacine. Sa version est simple, autant que contestée. Il avait une entière confiance en son ami Yacine. Tant et si bien qu’il lui prête 9000 euros pour acheter une voiture. Mais, dans la famille de Yacine, il y aura eu des arrestations pour une histoire de trafic de stupéfiants, non encore jugée. Deux frères seraient impliqués. L’argent aurait pu servir à payer des frais de procédure et d’avocats. Ce qui n’empêche pas Zakari de vouloir récupérer son dû. Mais, la confiance étant, ils n’ont pas rempli de reconnaissance de dette et Yacine lui fait savoir qu’il ne lui rendra pas c’est argent. Le 5 décembre 2012, peu avant 22 heures, Zakari se munit d’un automatique 9 mm, et se rend aux abords d’un local aux HLM champ de Mars, où les jeunes du coin assistent à un match de football Barça-Benfica. Yacine est là, avec ses amis. Lorsqu’il voit Zakari, il sort et lui répète qu’il ne lui rendra pas cet argent, qu’il ne veut plus le voir dans le quartier. Une caméra de surveillance filme la scène. Les enquêteurs y verront Zakari qui parle à Yacine, puis ce dernier lui tourne le dos et s’en va. Zakari sort quelque chose de sa poche et l’on voit très nettement l’éclair d’un coup de feu. Il a tiré par terre. Zakari plaide la légitime défense, accuse son ancien camarade de l’avoir menacé d’une arme et d’avoir agi par peur car Yacine était accompagné de tous ses amis amateur de foot. Ce n’est pas du tout ce qui est constaté sur le film. Yacine est seul, et Zakari a tiré alors qu’il lui tournait le dos. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Zakari retourne chez-lui, au Moulin à Vent, dépose son arme sur une table. Son frère jumeau, Hemza, a juste le temps de lui dire : « J’espère que tu n’as pas fait de conneries ». Une voiture BMW grise se gare vite fait, en travers devant la maison, il y a deux personnes à son bord, les deux frères Yacine et Ahmed. Yakiri prend alors un fusil à pompe canon scié, sous un sofa et Hamzel se munit du pistolet9 mm. Ils descendent en courant et tirent sur la BMW de leurs ennemis. Les photographies du véhicule sont impressionnantes, il est criblé de trou de plombs et de balles. Il semblerait que Zakari ait tiré un coup de fusil et son frère deux coups avec l’automatique. Les voisins ont entendu deux coups de feu rapprochés et un troisième, l’un d’entre eux recevra, même, une volée de plomb dans ses volets qui, par chance ne blessera personne. Zakari explique que la voiture contenait quatre ou cinq personnes, que certaines ont tiré sur eux et vers la maison. Mais aucun impact ne sera relevé par la police qui, en revanche trouvera sur place des étuis de neuf millimètres et de cartouches de fusil, issus uniquement des armes livrées, à la police, par Zakari et son frère. Les témoins, autres que la famille de Zakari, dont un est un ancien militaire, parlent de seulement, deux personnes dans la voiture et de trois coups de feu à 22h10. Zakari n’est pas l’oie blanche qu’il voudrait paraître, en sus d’un arsenal impressionnant d’armes à feu, il a été pris par la police catalane, alors qu’il conduisait une voiture ouvreuse dans un transport de stupéfiant. Il a dû verser une caution de 3000 euros pour sa libération. Les deux avocats Me Halimi et Me Large, vont s’affronter, parfois sèchement, pour essayer de démontrer que les clients de l’autre n’ont pas pour habitude de suivre la législation en vigueur. Me Large va défendre Hamzel, le frère jumeau qui s’est servi du pistolet, en rappelant qu’il est en troisième année de droit, qu’il est absent, car il passe des examens, qu’il n’a agi que pour défendre son frère, et demande au tribunal que cette faute ne soit pas inscrite à son casier, ce qui pourrait entraver sa carrière du bon côté de la loi. Me Halimi, fera valoir que Yacine et son frère n’ont jamais sorti d’armes à feu, contrairement aux dire de Zakari, aucun témoin ne les a jamais vus ni décrits armés.

 

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