Procès contre l’appel au boycott des produits israéliens

Rameutés par le collectif « Paix et justice en Palestine », ils sont une centaine sur les marches du Palais de Justice, banderoles et drapeaux, du Front de Gauche, NPA, Lutte Ouvrière et CNT flottant au vent. Voir manifester côte à côte des « bigotes » en foulards et les drapeaux anarchistes, laisse un tantinet rêveur.

L’appel au boycott est interdit en France et par une loi européenne. Interdit pour lutter avant tout, contre la discrimination et le racisme. Cette loi est faite pour protéger le commerce du « petit arabe du coin », la boutique du tailleur Levy ou la boulangerie d’un catholique ou communiste invétérés. Le boycott est interdit ou plutôt est monopole d’état. Il s’applique dans les cas extrêmes, le plus souvent de façon internationale, par exemple contre l’Afrique du sud de l’apartheid ou contre l’Iran. Aucune organisation ne peut, de son chef, appeler au boycott de pays musulmans au nom de la lutte contre la misogynie politique ou contre Israël parce qu’on a choisi le camp palestinien. C’est la loi. Le boycott peut être considéré comme une « provocation à la discrimination raciale ». Une jeune militante, ayant appelé à boycotter les produits israéliens, en a fait les frais lors d’un procès à Bordeaux, le 22 mai dernier. Les adhérents du BDS (Boycott, désinvestissement, sanction) n’en ont cure. Sûrs de leur bonne cause, ils manifestent devant les hypermarchés et distribuent des tracts demandant aux clients de ne pas acheter les produits importés d’Israël et donnent les numéros des codes barres pour les reconnaître. Bernard Cholet, Yamina Tadjeur et Jeanne Rousseau sont trois militants ayant distribué leurs tracts devant un supermarché Carrefour. Deux d’entre eux sont debout à la barre, très dignes, elle, en foulard islamique, lui, très intellectuel de gauche, pour répondre d’une plainte du Bureau de Vigilance contre l’Antisémitisme, de la Chambre de commerce France-Israël et d’Avocat sans Frontière. Le Boycott est interdit par les lois françaises et européennes et c’est pour cette raison qu’Antoine Conte, avocat des accusés, use de tous les artifices légaux à sa disposition pour éviter le procès. Cette nouvelle confrontation est le troisième renvoi demandé par la défense. Cette fois pour questionner la constitutionnalité du délai de prescription, trois mois ou un an pour les actes de provocation à la haine raciale. Le débat entre les avocats de la partie civile et l’avocat de la défense est de la rhétorique pure, très difficile à suivre pour le profane Fort heureusement pour notre compréhension, leurs discours sont interrompus de temps en temps par une citation latine lancée par le Président du Tribunal, Jean-Luc Dooms. Il aura a jugé, avec ses assesseurs, du « sérieux de la question », résultat le 7 juin après-midi. Dans le cas ou le recours serait rejeté, le procès aura lieu à Perpignan, fin 2012.

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