Procès Bourquin, le retour

Christian Bourquin et Pascal Provencel avaient été condamnés, le 8 décembre 2011, à deux mois de prison avec sursis et 5000 euros d’amende par le tribunal de Bordeaux, ils ont fait appel.

Gagner du temps, faire durer au maximum, retarder l’échéance, c’est la défense du tous les politiques amenés un jour à devoir se défendre devant un tribunal. Ils ont alors beau jeu, après avoir repoussé l’échéance pendant une dizaine d’années, de se dire harcelés pour une vieille affaire.

La première et grande différence entre Pascal Provencel, Christian Bourquin et les clients habituels des prétoires. C’est la superbe des premiers. Alors que les petits voleurs et trafiquants ont appris de leurs avocats, tout l’intérêt, qu’ils avaient, à faire profil bas. Nos deux prévenus conserveront, en s’adressant aux magistrats du siège, une morgue assez surprenante. Ils ont la sûreté des gens à la réussite triomphante, pour qui, quelle que soit l’issue du procès, rien ne peut plus arriver. Aujourd’hui encore, le système de défense des deux prévenus, comme lors de leur dernier procès, est de dire qu’ils ne se connaissent pas. Christian Bourquin ne peut en aucun cas avoir favoriséla Sté Synthèse, en faisant truquer un appel d’offres. Il faudrait pour cela, qu’ils se fréquentent, qu’ils soient amis, or les deux hommes se connaissent à peine. Bourquin n’est-il pas le parrain de la fille de Provencel ? demande madame la procureure, Martine Cazaban. « Ni de manière religieuse ni de manière républicaine » tonne un président du Conseil Régional sûr de lui. Puis, tout d’un coup, Provencel a un éclair de génie, « Mais ma fille n’est pas baptisée » et justement par le plus grand des hasards, il a le document qui le prouve. C’est le moment que le président du tribunal, Michel Banailla, choisit pour sortir du dossier un autre document, où Christian Bourquin, lui-même, atteste du contraire. Le président brandit le document en laissant échapper un soupir de lassitude. Le fils de Christian Bourquin a même suivi un stage rémunéré pour l’inconnu Provencel. Les Perpignanais ont pu remarquer que toutes les campagnes publicitaires du Conseil Général et de l’Office de Tourisme étaient signées Synthèse. Pour les finales de l’USAP, la moindre casquette, le moindre drapeau, le moindre tee-shirt offert lors de compétitions sportives portent toujours le seul et unique logo de cette boîte de publicité. Aujourd’hui, le Sénateur-Président sait que rien ne peut plus lui arriver. Il n’hésite pas à accuser la justice d’être l’instrument d’une vengeance politique. Il affirme devant le président du tribunal que lors du précédent procès :  » Le droit ne s’est pas appliqué, il a laissé la place à autre chose, autre chose que je connais bien depuis dix ans dans ce monde politique ». Nous sommes à deux doigts de l’outrage. Mais d’un air entendu, le sénateur-président préfère rester dans le flou quand aux tenants et aboutissants de ce complot politico-judiciaire. Et si Pascal Provencel affirme, grandiose, qu’il ne se satisfera pas d’un délibéré qui le condamne à payer un seul euro. Il sait que quoiqu’il arrive, il est du côté des vainqueurs. Sa réussite professionnelle est totale. Lorsque Christian Bourquin a pris la présidence du Conseil Général, la boîte de pub était à deux doigts de la faillite. Peu de temps après, « grâce au Conseil Général, le chiffre d’affaires de Synthèse avait progressé de 243%, cette société devenant à 90% le partenaire du Conseil général ». Depuis, elle est devenue, aussi, l’entreprise publicitaire attitrée du Conseil Régional. Le procureur de la république requiert contre eux d’une peine pécuniaire plus lourde, 10 000 euros d’amende, mais la sanction de deux mois de prison avec sursis, reste la même. Fin du procès, les deux hommes s’éloignent, avec la sérénité de ceux, l’un en politique et l’autre en affaire, ont atteint le firmament de leur gloire. Rien ne pourra jamais plus les atteindre. En sortant peut-être, que, comme la dernière fois, ils sont allés manger dans un restaurant huppé de la ville. Histoire de faire plus ample connaissance. Le résultat du délibéré sera donné

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