Pour vol de voiture ? Je ne risque rien !

Michel Habib est né en Ethiopie, orphelin à 8 ans, il a été adopté par une famille d’Annecy. Le président du tribunal ne pourra s’empêcher de lui demander : « Ils doivent être fier de vous, non ? ». Pas de réponse.

A trente deux ans, Michel a 21 mentions à son casier judiciaire : vol, stup, destruction, filouterie, violence, outrage, dégradation de biens d’autrui, transmissions de correspondance à un détenu, menace de mort, port d’arme, transport de stupéfiant. De Strasbourg à Annecy, il a fait ce que le président appellera du « tourisme pénitentiaire ». Le 6 juillet 2012, à 21h20, il est contrôlé par la gendarmerie de Port-Vendres. Il ne portait pas sa ceinture de sécurité. Vérification faite, le véhicule a été dérobé à Leucate. Comment peut-on circuler au volant d’une voiture volée et ne pas boucler sa ceinture ? Michel était descendu dans le sud pour faire la saison des fruits. A Port-Vendres, il a fait une marche arrière et a embouti une autre voiture. « Parce qu’en plus vous conduisez mal » remarque le président. Michel baisse la tête : « Je regrette, je voudrais un avenir ». Le président, en soupirant : « Ce ne doit pas être la première fois que vous le dites devant un tribunal ». Vous avez eu droit à tous les aménagements de peine possible, « Si vous ne comprenez pas, nous allons vous tapez sur la tête, jusqu’à ce que vous compreniez, ou que ça finisse mal ». La parole est à madame le procureur, c’est elle qui a eu affaire à lui, lorsqu’il a été présenté à l’instruction. « Madame et messieurs du tribunal, Michel Habib se la joue petit martyre devant vous, il baisse les yeux, il est timide, on l’entend à peine, quand il m’a été présenté, il avait un tout autre ton, il jouait les durs, il me toisait, en disant, je n’en ai rien a faire, pour un vol de voiture, je ne risque rien, il m’a ri au nez quand je lui ai parlé de cinq ans, il est en période de récidive légale ! de plus, il a refusé de signer le procès verbal ». Difficile de faire pire comme entrée en matière avant son procès. Son « simple » vol de voiture, va lui coûter le maximum, trois ans d’emprisonnement avec maintien en détention. Michel, le voleur qui ne risquait rien, aura tout le temps de réfléchir à ce que peut « valoir » un vol de voiture lorsqu’une peine plancher vous pend au-dessus de la tête.

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