Pour une Trufa, c’était une bonne Trufa !

Je n’avais jamais entendu autant parler de Trufa dans un tribunal, la Trufa c’est une pomme de terre en occitan, trumfa en catalan, mais à Perpignan, influence oblige, nous prononçons Trufa, de la même façon qu’en Languedoc. La Trufa, en occitan et seulement en occitan, c’est par extension, une escroquerie. En français, une truffe, c’est aussi un naïf trop crédule.

L’histoire est compliquée, mais l’entourloupe est facile. Pour couronner le tout, elle débute avec deux complices originaires de Serbie, ils ont le même nom Djordjevic, mais ne sont pas de la même famille. Rien d’étonnant à ça, plusieurs footballeurs portent ce nom en Europe, qui doit être l’équivalent serbe de notre Dupont français. Ce seront les deux seuls inculpés. Le cerveau de la Trufa, a disparu corps et biens, nous ne connaissons de lui que deux surnoms, Junkie ou Rocky, mais la police possède une photographie. La victime est catalane, de Barcelona, Jaume, il veut vendre une maison un million deux cent mille euros. Le faux acheteur, pour l’impressionner, l’invite au Ritz de Paris, il s’agit de Nenad Djordjevic, toujours pour jouer son role, il porte un costard-cravate et se fait appeler David. Il désire faire la transaction pour son frère qui est diamantaire. En revanche, les 100 000 euros pour les droits notariés, il faudra que ce soit le vendeur qui les porte. Car Nenad, étant étranger, ne peut échanger autant d’argent. Nenad comme Robert Djordjevic ont accepté de participer à la Trufa, car ils ont des dettes de jeu avec des gens peu recommandables, on effacera tout, et leur est promis, en sus, 10 000 euros au final. Le deuxième rendez-vous aura lieu à Milan, puis on décommande, ce sera à Nice, puis, grandeur et décadence, au Mac Donald de Perpignan. Jaume ne se doute toujours de rien. Rocky descend alors à Perpignan avec deux complices et deux voitures, dans l’une, il voyage avec Robert et l’autre chauffeur qui n’a pas était identifié s’arrête à Montpellier. La tache de Robert est simple, dégonfler les roues du vendeur catalan pour éviter toute poursuite et de rester dans la voiture monteur allumé. Comme dans le film Oscar avec de Funès il y a deux attachés cases. Dans le Macdo, aura lieu, un jeu de passe-passe avec deux mallettes. Jaume doit repartir avec les deux mallettes, les 100 000 euros de l’une, étant vraisemblablement un dessous de table. Mais, Trufa oblige, une des mallettes ne contient que des billets marqués Walt Disney, cela ne s’invente pas. Vous l’aurez compris, au signal donné, Rocky s’empare de la mallette des vrais billets et fuit en courant vers la voiture. A Montpellier, cette première voiture est abandonnée, pour continuer avec l’autre complice jusqu’à Paris, où ils disparaîtront  Nenad ne verra jamais ses 10000 euros, et Robert, des 10000 n’en recevra que 6000. Les temps sont durs même pour les escrocs. Nenad depuis a été condamné dans une autre affaire d’escroquerie, le 16 décembre 2011. Il n’y avait que le procureur qui possédait cette information. Un coup dur pour la défense qui voulait présenter Nenad comme une victime de plus de la Trufa. Nenad et Robert, reconnus coupables d’escroquerie en bande organisée, sont condamnés à six mois de prison, mais aménageable avec le juge d’application des peines, compte tenu de la resocialisation de Robert qui a repris un travail honnête, mais ils devront rembourser en solidarité, les 100 000 euros à la victime catalane. La partie civile avait demandé 5000 euros pour préjudice moral. Cette demande est rejetée par le tribunal car il n’a pas su trouver de morale dans cet échange de mallettes et y subodore une fraude fiscale de la part du vendeur.

Laisser un commentaire