Pour cinq pieds de cannabis

Guy et Sébastien n’ont pas eu la vie facile. La société n’a pas fait grand-chose pour leur facilité et ils le lui ont bien rendu.

Guy a été emprisonné à Jaén puis en France, il a volé des voitures, conduit sans permis et bien sûr trafiqué avec la drogue. Fils d’une famille de neuf enfants, il a du assurer au mieux sa survie, on ne peut pas dire qu’il ait toujours réussi. Sébastien a été carrément abandonné par les siens et c’est la longue litanie des familles d’accueil et des foyers, puis des vols, destruction, rébellion, vol avec violence, outrages, stupéfiants. Puis un jour, réunis dans leur dérive, Guy et Sébastien ont décidé de se poser. « D’arrêter les conneries ». De vivre tranquillement. A Argelès, ils s’installent dans un camping, ils louent un mobil home. Ils ne font pratiquement plus entendre parler d’eux. Pratiquement, car on ne quitte pas la galère aussi facilement, Sébastien aura encore une affaire de conduite sous emprise alcoolique. Leur vrai problème vient de l’usage des stupéfiants. Ils ont essayé de lâcher, mais c’est dur. Alors, ça fait partie de leur réinsertion, ils ne veulent plus acheter aux dealeurs, ils ne veulent plus fréquenter ce milieu. Derrière leur mobil home, ils ont un petit jardin, bien caché à la vue du public. Ils ont planté cinq pieds de marijuana. Juste pour leur consommation personnelle, pas six pas sept, seulement cinq pour les deux. Mais les gendarmes y sont tombés dessus. Poursuivis par leur passé et à cause de leur casier long comme un jour sans marijuana, ils vont directement en prison. Ils disent ne pas pouvoir s’arrêter, tout faire pour se réinsérer. Le procureur leur crie : « On n’est pas en 68, aujourd’hui, il y a les fleurs en moins », et demande un an ferme. Sébastien pleure discrètement, la prison, il connaît, il espérait ne plus y retourner. Le tribunal condamne à quatre mois ferme Sébastien. Cinq pieds d’herbe, cher payés à cause d’une peine plancher. Pour Guy ce seront deux mois ferme.

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