Perpignan : Super Conseil Municipal avant les vacances

L’heure était aux bilans financiers. L’opposition avait aiguisé ses arguments. Le vice président, Jean Paul Alduy, n’avait qu’à bien se tenir.

Les comptes administratifs à voter sont les comptes arrêtés. C’est-à-dire les comptes permettant d’établir un bilan de l’année passée. L’important n’est pas dans le résultat du vote, qui sera sans surprise. Le budget sera voté « pour » à l’unanimité par la majorité et « contre » par toute l’opposition. L’intérêt est de pouvoir évaluer les tendances des résultats financiers. Les finances de la ville présentent un excédant brut qui libère 24 millions d’autofinancement. C’est-à-dire que, remboursement de la dette mis à part, les finances de la ville font apparaître un budget positif. Ce que le premier adjoint Jean Paul Alduy souligne en déclarant « entrer en 2012 dans le cercle vertueux de la dette ». Ce qui prédit un stock de la dette qui ira se réduisant. Il souligne : « Quel que soient les calculs que nous fassions, nous sommes en capacité de rembourser ! ». Une mairie ne peut s’endetter pour payer son fonctionnement. Par exemple, elle ne peut s’endetter pour payer ses fonctionnaires. Elle ne peut contracter de crédits que pour des investissements. Comme le Théâtre de l’Archipel. Si les finances continuent à ce rythme, la prochaine municipalité élue aura une capacité d’investissement rarement atteint à Perpignan. L’opposition l’a bien compris carmesdames Ruiz et Amiel Donat n’attaqueront pas ses résultats directement, mais voudront voir additionner la dette de la mairie à celle de l’agglo, car les perpignanais payent les deux. Ce qui est tout à fait vrai. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin et ne pas demander aussi, d’y ajouter les dettes du conseil général et régional ou même les dettes de l’État car le contribuable perpignanais se doit aussi de passer à la caisse pour ces endettements.

Codognès déclare sa flamme à Alduy

M. Codognès prend la parole, « Monsieur Alduy, je vous aime, je vous aime, car année après année vous ne changez jamais de discours, c’est là sans doute le secret de votre éternelle jeunesse ». Jean Paul Alduy est aux anges, bien qu’il sache que « in coda venenum », le pire reste à venir. Facéties mis à part, Codognès démonte pièce par pièce le discours du premier adjoint. La déclaration d’amour s’achève en jeu de massacre. M. Jordi Véra dont on ne sait plus trop, s’il est avec l’opposition ou la majorité, se lance dans un éloge démesuré des finances municipales, pour finir par dire, qu’il ne votera pas, mais s’abstiendra. De toute façon, absolument personne ne semble l’écouter. Pendant qu’il déclame son admiration budgétaire, sa camarade de parti, Clotilde Ripoull, absente de ce conseil municipal, distribue des tracts au centre-ville, dans lesquels, elle fustige les comptes de la mairie de Perpignan. Cela fait un peu désordre.

Le théâtre de l’archipel

Les attaques de l’opposition contre le théâtre ont baissé d’un ton. Il faut dire, que jusqu’à ce jour, cet édifice avait déclenché l’ire des élus de gauche. Jean Paul Alduy annonce 84 000 spectateurs. Un chiffre qu’il espérait atteindre en deux ou trois ans et qui est atteint la première année. Difficile à dire si les chiffres sont en accord avec le coût du projet. Mme Amiel Donat soutient que l’on aurait pu faire un théâtre moins ambitieux. Ce qui est sûr, c’est que chaque spectacle est archi comble et, qu’effectivement, le public vient de Catalogne, de Toulouse ou de Montpellier. Parce que la programmation est toujours de très haut niveau. Raison primordiale, pour Jean-Paul Alduy, de rechercher pour son théâtre, des financements du côté de l’Agglo. Le but étant de continuer à maintenir l’offre culturelle, le plus haut possible. Le monde des mélomanes ou des grands amateurs de théâtre, est comparable à celui des amateurs de grandes manifestations sportives ou de mega-concerts de rock. Il n’hésite pas à se déplacer, si l’offre en vaut la chandelle. Il n’hésite pas à courir assister à une interprétation de Richard III à Avignon, une représentation d’Aïda à Barcelona et un Don Giovani à Toulouse. Les habitués de ce genre de manifestations savent qu’ils finissent par se connaître et se reconnaître dans la plupart des théâtres du triangle Toulouse, Montpellier, Barcelone. Évidemment, on l’ignore, si l’on suit « Plus belle la vie » à la télévision.

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