Nom d’un chien !

La barre du tribunal ressemblait au Muppet Show, deux vieux messieurs et une dame du même âge, s’étaient battus pour une histoire de chiens en laisse. Grotesque.

Quand un vicomte rencontre un autre vicomte, Charles Trénet, nous chante ce qu’ils se racontent, quand un chien rencontre une chienne, c’est M. Dooms, président du tribunal, qui nous le confie : « Ils se flairent ». Mais voilà, le maître et la maîtresse de la fifille, ne l’entendent pas de cette oreille. M. Dooms continue : « Au lieu de laisser naître cette idylle, Denise et Jean-Pierre Julliard, 72 et 76 ans, refuseront cette mésalliance. Et Monsieur, va lever son bâton contre le chien de M. Léandri ». Le couple devait être de mauvais poils, ce qui aurait du lui mettre la puce à l’oreille. Mais, M. Léandri, 70 ans environ, n’écoutant que son courage, va voler au secours de son mâle libidineux et essayer de prendre le bâton des mains de M. Julliard. Et, dans ce parc du Barcarès, apte, très certainement à recevoir les déjections canines, avec bâton à la clé, nous allons avoir affaire à du grand guignol. En revanche, M. Léandri, manquait très certainement de flair, lui qui croyait avoir maille à partir, entre homme avec le seul Monsieur Julliard, s’aperçut bien vite, que le pire du couple, n’était pas celui que l’on pourrait croire. Monsieur  Léandri est tombé sur un os. Mme Juliard au langage autant fleuri qu’ordurier, l’obligera à quitter le champ de bataille, peu glorieusement et l’oreille pendante, pour s’enfuir à travers la pinède. Mais sa peine n’en sera pas terminée pour autant. Pendant que monsieur Julliard se rend à son véhicule pour récupérer son téléphone et prévenir la gendarmerie, madame Julliard, toute seule, poursuivra le pauvre Léandri dans la pinède. Peu calmée par la beauté toute végétale des lieux, elle continuera à faire montre de sa grande connaissance du langage vert des charretiers, allant même jusqu’à envoyer le pauvre Léandri, pratiquer des relations sexuelles qui pourront bientôt être légalisées par les liens du mariage. Inutile de dire que Léandri n’en demandait pas tant. M. Dooms jette, alors, un regard désabusé vers le public, et soupire : « Et pendant ce temps, des procès de drogues, de violences, de vols attendent que l’on règle vos salades. Madame, vous suivez, M. Léandri près d’une heure dans la pinède, vous ne vous connaissiez pas avant ? ». Un seul mot sera presque aboyé : « Non ! » et M. Dooms de reprendre : « Je disais ça, parce qu’il n’y a pas que les chiens qui peuvent avoir des pulsions ». Le moins romanesque de l’histoire, ce seront les photographies des coups et contusions qu’a reçu le pauvre Léandri. La très sérieuse, Me Oblique, avocate partie civile pour M. Léandri expliquera, que si Mme Julliard a remis, au tribunal, des attestations prouvant que depuis cette agression, elle est obligée de prendre du Lexomil, pour calmer ses nerfs, tous les témoignages sont unanimes, c’est une véritable furie, toute seule, qui a poursuivi M. Léandri dans la pinède pendant près de trois-quarts d’heure. M. Julliard, ancien militaire fournira tous les documents prouvant ses bons et loyaux états de services dans l’armée française. Peut-être pour prouver qu’il est franc du collier et a mis autant de cœur à défendre la patrie, qu’à protéger la virginité de sa chienne chérie ? Résultat du délibéré lu par le président Dooms ce lundi 5 novembre le couple cynophile est relaxé des faits de violences pour lesquels ils étaient poursuivis.
Mais gageons que Léandri leur gardera un chien de sa chienne.

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