Le haschich venait du Maroc

Youness Zini est en détention provisoire à Mailloles depuis janvier 2011. Il vit de la revente de « produits, des choses, de trucs » d’occasions, qu’il achète au Maroc et revend au Puy en Velais. Il gagnerait correctement sa vie, malheureusement, il est toxicomane depuis six ans, exclusivement du haschich.

 

 

Si l’on en croit ses dires, il est tombé entre les mains de gens peu recommandables qui l’ont fait sombrer en 2010 dans l’enfer de l’héroïne. Au banc des accusés, il ne cesse de se gratter les avants bras. Geste très reconnaissable des héroïnomanes. Lorsqu’il a été bien « accro », noyé de dettes, ces méchants l’ont obligé à aller récupérer 22 kg de haschich au Maroc pour rembourser ses créanciers. Zini se croit malin et entre en France par la Cerdagne. Mais, il n’y a pas de Bon Dieu pour les toxicomanes endettés, à Saillagouse, l’attendait un barrage douanier. Le Procureur Bret explique, depuis, M. Zini nous a baladé partout. Ses commanditaires ? Il ne nous donne que des ébauches de noms et lorsque nous trouvons deux frères, au Puy en Velais, dont le profil est parfait. Il nous dit : « ce ne sont pas eux ». Pour la revente, il y aura non lieu, rien ne prouve qu’il veuille revendre. M. Bret, pour le parquet, nous rappelle sa théorie sur le trafic de drogue, c’est le capitalisme le plus pur. Le trafiquant établit un ratio, entre les risques encourus et les gains prévisibles. Tant que les risques encourus ne sont pas plus important que les gains, il y aura du trafic de drogue. Il demande le maximum. Le problème, c’est le curriculum de Zini. Onze condamnations en dix ans. M. Bret soulignera que « même si le changement est pour aujourd’hui » reprenant le célèbre slogan présidentiel des socialistes, Zini encourt quatre ans de peine plancher, allusion à la nouvelle garde des sceaux, Mme Taubira, qui veut la supprimer. Il demande à Zini sa nationalité, « Marocain » et requiert une interdiction définitive du territoire français. M. Bret rappelle au tribunal que Zini a aussi un délit de fuite à son actif, alors qu’il était muni d’un bracelet électronique. Pas d’aménagement de peine possible. M. l’inspecteur des douanes réclame une fois le prix estimé de la marchandise soit 45 775 euros, sa destruction et confiscation du véhicule. Il n’y a décidément pas de Bon Dieu pour les toxicomanes, Zini sera un des derniers à subir la peine plancher. Le tribunal le reconnait coupable, et, en répression lui donne quatre ans ferme. Il reconnaît toutes les réclamations de la douane, mais n’interdit pas Zini de territoire français.

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