L’affaire de l’escalier en colimaçon

C’est une affaire typique, entre un bailleur de fond et sa locataire. Le bail mentionne « pas de travaux », lorsque tout va bien, le propriétaire ferme les yeux. Lorsqu’il y a de l’eau dans le gaz, tout est regardé à la loupe, afin de rendre la vie impossible à l’autre. C’est la guerre entre deux restaurants « L’Aioli » et « l’Auberge du Château ».

 

Les deux établissements sont très proches. Ils se font concurrence et le propriétaire de « l’Aioli » est le bailleur de l’autre. Il a enfin trouvé la faute, qui, peut-être, lui permettra de se débarrasser de sa gênante locataire. Cette dernière a installé un escalier en colimaçon pour atteindre les combles, qu’elle a aménagés. Mais le problème qui amène cette affaire devant le tribunal correctionnel, n’est pas une simple affaire de bail. Le propriétaire de l’Ailloli a dépêché deux amis à « L’Auberge du Château » pour constater que l’escalier est bien là. Les deux prévenus le reconnaissent à demi-mots à la barre, ils ont fait un faux témoignage. Ils n’ont pas vu l’escalier et ont déclaré qu’il y était. Un des accusé est employé aux Impôts. Une condamnation inscrite au casier judiciaire peut menacer sa vie professionnelle, l’autre est le comptable de « L’Aioli ». Quand au propriétaire de « L’Aioli », il a déjà deux condamnations à son casier, qui ne lui donnent plus droit au sursis, en revanche, elles lui ouvrent tout grand les portes de la peine plancher. M. Deleuze demande aux deux témoins : « Qu’avez-vous gagné à faire ce faux témoignage? ». Réponse : « Un repas payé à « l’Auberge du Château », pour établir le constat ». Un faux, c’est très grave, pour un repas ? Le propriétaire de « L’Aioli » avait inscrit le pigeon à son menu. Mme la Procureur requiert pour les deux faux témoins, deux mois de prison avec sursis et 1000 euros d’amende. Pour le propriétaire de « L’Aioli », six mois ferme et 1000 euros. Résultat, le 20 juin à 14 heures, nous ne manquerons pas de vous en faire part.

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