La double nationalité Franco-catalane pour les Catalans de France ?

Ce n’est pas une chimère. La semaine dernière l’éventualité était défendue par Josep-Lluís Carod-Rovira, vice-président de la Généralitat de Catalunya de 2006 à 2011, dans un article de réflexion, publié par le journal catalan Avui.

 

Ce qui n’est encore qu’une possibilité pour les Catalans, n’a rien d’exceptionnel en Europe. La Hongrie, par exemple, a proposé la double nationalité à tous les membres des minorités hongroises disséminées dans les ex-pays de l’est, Roumanie, Slovaquie, Serbie et Ukraine. Certains ne faisant pas partie de l’Union Européenne. Les Irlandais des six comtés d’Irlande du nord, sujet britanniques, peuvent aussi, s’ils le désirent, demander la nationalité irlandaise à Dublin. Cela leur donne droit de voyager avec un passeport Irlandais, mais plus concrètement, ils peuvent être candidats aux élections irlandaises sans être domiciliés en République d’Irlande. En revanche, cela ne leur donne pas le droit de voter. Ils sont éligibles mais pas électeurs. Les Juifs de France comme leurs coreligionnaires du monde entier peuvent acquérir, sans problème, la double nationalité franco-israélienne.

Où en est le processus d’indépendance en Catalogne ?

Le 25 novembre 2012, la Catalogne va à nouveau voter. Les élections parlementaires catalanes ont été devancées par Artur Mas et son gouvernement, suite à l’échec des négociations autour d’une réforme fiscale visant à revoir le paiement des impôts de la Catalogne en Espagne. Selon quatre sondages commandés par quatre quotidiens : La Vanguardia, El Periodico, El Mundo et la Razon, tous les quatre de tendance anti indépendantistes, dans tous les cas de figure les partis favorables à l’indépendance auront la majorité absolue. Sur 135 députés, 96 seront issus de formations favorables à l’indépendance. Le deuxième pas important, c’est encore le président de la Généralitat Artur Mas qui l’a annoncé, ce sera un référendum. Il faudra répondre par oui ou par non à une question extrêmement claire, ce qui est exceptionnel pour un sondage : « Etes-vous favorable à ce que la Catalogne devienne un nouvel État de l’Union européenne ? ». Là aussi, les différents sondages sont d’accords, 55 % des électeurs catalans voteraient oui, et 33%, non. Ce changement aussi brusque dans la politique gouvernementale a été provoqué non seulement par le non-accord financier avec Madrid, mais aussi poussé par les 1,5 millions de catalans qui ont défilé, le 11 septembre 2012, derrière un seul mot d’ordre : « Indépendance ». Le 11 septembre, de sinistre mémoire pour les États-uniens, est aussi le jour de la fête nationale catalane, il commémore l’ultime résistance des Barcelonais contre les troupes Hispano-française et la fin de leur indépendance en 1714.
1714 – 2014, les Catalans se prennent à rêver, même si la peur d’un coup de force de militaires ou de la Gardia Civil les tenaille encore.

Chez les Catalans du nord

A Perpignan, une nouvelle association désireuse de faire du lobbying auprès des entreprises nord-catalanes vient de naître. Elle a pour but de présenter tous les avantages que les chefs d’entreprises ont à préparer leurs unités à l’éventualité d’une indépendance de nos riches voisins. La Catalogne seule a le même PIB que le Danemark, avec l’Espagne, elle est l’un des derniers pays d’Europe et fait partie de ce que les anglo-saxons appellent les « PIGS ». C’est L’avocat catalaniste, ancien maire de Banyuls, Pierre Becque qui est porteurs du projet nommé « Les Amis de la Catalogne – Amics de Catalunya ». L’avocat étant aussi un fervent supporter de l’Usap, il n’est pas étonnant que l’association ait été portée sur ses fonds baptismaux, ce mercredi à 18 h 30, dans la salle prestige du stade Aimé-Giralt.

 

Alors, près pour demander votre passeport catalan?

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