Karim Maloum en garde à vue

Karim Maloum l’ancien pilier de l’Usap vient de tomber à nouveau, dénoncé pour une affaire supposée de racket, ex-membre de la « Dream Team » cette « équipe de rêve » qui ne jouait pas au basquet, mais qui avait fait de l’attaque à main armée sa principale activité.

Condamné pour le braquage d’un fourgon blindé à treize ans de prison, il bénéficiait d’une libération conditionnelle depuis 2008. Elle devait prendre fin en novembre. C’est dans une souricière tendue par la présumée victime et la police, que le perpignanais est tombé à nouveau dans les mailles de l’action judiciaire. Karim Maloum nie farouchement les faits. Selon son avocat, il ne faisait que négocier un prêt de 50 000 euros pour ouvrir une brasserie à Perpignan. Malheureusement, cela ne joue pas en sa faveur, non seulement le plaignant l’accuse de tentative de racket et de séquestration, mais les trois personnes qui accompagnaient l’ancien joueur de l’Usap, ont pris la fuite et sont recherchées par la police. Pourquoi fuir si l’on ne participait qu’à une simple demande de prêt ? Maloum a été incarcéré à La Santé.

La Dream Team

Il est impossible de résumer ce qu’a été cette bande dans les années 90, tant leurs coups de mains audacieux sont nombreux. Un film serait en préparation. Outre Karim Maloum, un autre perpignanais faisait partie de l’équipe, Jean-Jacques Naudo, International de rugby, ancien demi d’ouverture du XIII catalan. Le 13 août 1996, la dream team n’avait pas hésité à attaquer un avion sur le tarmac de la Llabanères à Rivesaltes. Jean-Jacques Naudo tombera pour cette affaire, quatorze ans plus tard, à cause des progrès scientifiques obtenus sur l’adn. Après le coup de l’aéroport, ils avaient multiplié leurs attaques contre des dépôts de fonds et des fourgons blindés, sans jamais faire de victime. Lorsque les forces de l’ordre les auront dans leur collimateur, une partie de la bande se mettra à couvert – mais pas au vert – en Espagne. Ils y gagneront leur nom, allusion à l’équipe de basquet américaine qui a gagné les JO de Barcelona 92’. Ses hommes, maintenant, fichés au grand banditisme, multiplieront leurs attaques à mains armées. Mais cette vie aventureuse se terminera pour certains sous les coups de feu des règlements de compte ou en attaquant d’autres bandes rivales pour leur voler leur cargaison de 300 kilos de haschich. Lors de cette attaque, Michel Crutel considéré comme le chef de la bande est blessé, ses complices le déposent devant un hôpital. Les médecins ne pourront que constater le décès. Porteur de faux papiers établis au non de Christian David, il sera identifié comme Michel Crutel, truand dangereux soupçonné du meurtre de cinq de ses lieutenants et de sa fiancée. Christian Oraison est abattu à Manosque en août 2008 suite à un règlement de comptes peut-être lié au trafic de machines à sous. Gérard Allain est interpellé à Stains en juillet 2009, alors qu’il s’apprêtait à braquer la poste de la ville. Daniel Bellanger, le chef du groupe, qui a réussi à ne jamais être identifié sur les braquages imputés à l’équipe, tombe en février 2010, pour une affaire de trafic de drogue international. Daniel Merlini, impliqué au milieu corse des machines à sous, est lui abattu le 17 mars 2010 à Meynargues, dans les environs de Marseille. Karim Maloum, lui-même, échappera de peu à une tentative d’assassinat en mars 2011. Les plus chanceux passeront quelques années en prison. Les survivants de la Dream Team sont libres et ont des tas d’histoires à raconter à leurs petits enfants.

Laisser un commentaire