Ils ont manifesté pour le Madres

Convoquer une manif à 8 heures au Col de Jau, c’est bien une idée de Chasseurs et d’éleveurs. Des gens qui n’ont pas d’heures pour se lever. Mais dans la plaine, certains manifestants ont dû se réveille à 5 heures du matin, un samedi, c’est dur. Et pourtant, à 8 h, il y a déjà du monde qui gare leur voiture au col, il fait 5 degré, nuit noire.

Une petite troupe s’ébranle et prend le chemin du refuge du Callau. Là, les gens de l’association ont bien fait les choses. Sur les murs, est affichée une collection d’articles sur la révolte du Madres parus dans toute la presse locale et nationale. Puis, ce n’est pas de refus, café chaud, pain, jambon et petits gâteaux. La manif est bon enfant, on rie beaucoup. Les manifestants arrivent peu à peu par petit groupes. Nous étions parti 50, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes plus de 500 en arrivant à la barrière de Groupama. Il y a de tout qui manifeste, il ne manque qu’un raton laveur et nous avons un inventaire à la Prévert : un couple d’occitans libertaires, lui barbe longue marche au rythme de deux cloches de vache qui pendent à son sac, le maire de la commune libre de Saint Martin de Prades avec son écharpe tricolore achetée aux puces, des éleveurs suivis de leur Border Coly, des catalanistes sang et or, ce sont eux qui feront le plus de bruits : « Groupama, fas cagar ! » , même si, faciliter le transit intestinal, pour une assurance maladie, pourrait être un slogan publicitaire. J’oubliais, une dame masquée habillée en arlequin, sous un parapluie bigarré, et qui de temps en temps, laisse échapper un cri en trémolo. Tout ce beau monde se presse derrière les élus écharpes tricolores, des vraies cette fois, qui vont symboliquement ouvrir la barrière de la piste qui conduit au Madres. Un peu plus haut, place aux discours, Henri Sentenac, maire de Mosset, tient à rappeler que les réfractaires au travail obligatoire pour les Nazis, se sont jadis cachés au Callau : « Il faut que le Callau reste ce symbole de liberté ! ». Et pan ! Dans les dents de Cornut-Cauvin ! La pluie commence légèrement à tomber. Un représentant du Conseil général va faire l’éloge de la négociation de Christian Bourquin et d’Hermeline Malherbes et souligne qu’une convention a été signée par les trois parties, Conseils Général, Régional et Groupama, pour laisser le passage libre aux promeneurs. La foule crie sa joie. Le dernier intervenant parlera dela LoiStratae, d’us et coutumes catalans et médiévaux qui nous permettent encore de défendre nos droits devant les tribunaux. Dans la foule du côté des catalanistes, des cris jaillissent contre la piste. Une partie des manifestants retourne au refuge, d’autres partent visiter la piste illégale, une autre de plus courageux encore montent au pic du Madres. La pluie tombe drue, elle ne s’arrêtera plus.

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